OGR (épanchements)

L'Émoi 68 - La Science du Jour

Date du document : Avant 1984

Que faisiez-vous en Mai 1968 ?

À cette question inquisitrice, un ami suisse répondait “Je courais le Marathon.”ce qui avait la double vertu d’être vrai et très utile à ce moment-là.

Un autre grand philsophe hégélien et belge (grand pour moi entre mille autres choses par sa pratique croisée de la musculation et du tennis et cette phrase : “La cuisine belge, c’est la qualité française alliée à la quantité allemande.”), apprenait à ce moment-là à sauter à travers les vitres des cafés avec un casque de moto pour éviter une répression redoutable (et les éclats !).

Voilà deux hommes pragmatiques.

Dans ce que O. N. appelle ici “l’Académie”, École d’Art à Bordeaux il y a eu beaucoup de liens avec la Fac de Lettres, le Campus et la Fac de Sciences, mais plus encore avec les amis du C.R.E.P.S. coureurs et boxeurs. Des liens également avec ces deux capitales que sont Toulouse et Paris.

Il y a eu aussi des bousculades majuscules et pas mal d’errances dans le bon sens.

L’engagement est devenu tout de même très vite balnéaire dès juillet (malgré l’Université d’Été au Campus), et pour la rédaction du grand projet pédagogique futur il n’y avait plus que trois personnes à l’Académie, et quatre dans le bureau de Chaban pour le “rendez-vous ultimatum” d’évacuation du chef de guerre le samedi 16 juin.

Il y aura certainement eu à partir d’aujourd’hui des héros grandioses des barricades d’hier (dont d’aucuns devaient être barricadés chez eux), ou le professeur Fromage (qui ne cesse de couler en peinture !), mais le plus drôle est certainement de s’apercevoir combien on était ailleurs et parfois même dans une inactualité absolue.

Pierre G. Sivocq

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Publié le 8 juin 2018 dans OGR (épanchements) OGR

Année des Adolescents. Zinaïda & Nicolas - Les Adolescents. Été

Date du document : Avant 1984

Extrait de la version définitive de la Cosmologie (en dehors des États du Monde)
Le 6 janvier
Z. N. Zinaïda s’est endormie sur le livre de contes de l’Épiphanie où les noirs tellement aptes à ramasser les déjections dans les rues et à les jeter dans le fleuve où ils vont ensuite se laver, s’étaient déguisés en boeufs bouffons dans les arènes, aussitôt piétinés par les taureaux ; puis d’autres défilaient et dansaient en costumes carnavalesques avec des clochettes et le visage enduit de cirage noir sur noir, guidés par le chef, le chorizo, dit aussi “le boudin”, entrant dans les maisons pour réclamer les restes de tripes du cochon mort et s’enguirlandant avec, tout dégoulinants de graisse et de sang ; puis il vendent à la criée ce dont personne ne veut : la couenne, les poils, le groin, la queue, tandis que d’autres pour montrer la puissance de leur machoire d’âne soulèvent ce qu’il y a de pire autour d’eux : plots de béton, armatures, bureaux d’écoliers, sacs de guano de cent kilos. Quand ils passent les habitants crient “To ! To !”, qui est le cri du cochon, ou imitent la chèvre, ou leur crachent dessus, y compris les indiens qui ne travaillent pas dans les champs. Puis pour se détendre après tout ça ils vont blanchir les murs à la chaux. On dirait une histoire de sa mère. Le 8 Février
Z. N. Demain Nicolas veut assister au récital de son ami Dominique Merlet au Grand-Théâtre. Il a rêvé d’un horrible jugement et que Zinaïda enceinte de Nycéphore était reçue chez lui, dans sa maison qu’il occupait avec une Zinaïda qui n’était plus Zinaïda ! Une maison du côté du Dorn avec ses quinze galciers autour du glacier géant du Gorner, immense reptile allongé. Le chien savant qui fait des bonds sur la route. Et les filles féministes qui viennent frapper à la porte ! Nicolas leur explique que c’est une distraction du chien.

Publié le 24 mai 2009 dans document OGR OGR (épanchements) texte