Onuma Nemon

Inventaire des archives

La Longue Laisse (extrait) - Ulittle Nemo

17 Janvier 2017

Ulittle Nemo

Enfin une saison !

Ça faisait longtemps !

Saluons-la !

Printemps, vacarme des pins,

Champignons, bois morts, feuilles brunes.

A l’éclat de midi chanterelles orangées dans les hautes herbes vertes ;

Une autre fois les cèpes rouges surgissent au petit jour ; 

Espèce à ses pas que l’autre rate.

 

Le vrai plaisir de la descente du dos dans le lit,

D’un vert étrange : foncé, bouteille ;

Lassitude infinie alors que les enfants sont partis à l’École.

 

Même à vingt ans elle a tenu son gros ours embrassé contre elle,

Et l’autre ours noir mélancolique

Songe au fils dans le pays lointain.

La Voix, la Voix seule connaît cela que l’écriture et la parole ignorent,

La Voix vive, éternité de passage,

La seule aussi rapide que la vue,

Mais que la pensée précède.

 

Et malgré le rêve infiniment plus rapide encore,

Sur le côté j’ai vu à la frontière de la saison

Des gens ordinaires aux tenues de couleurs diverses

(Souvent de simples chemises),

Dans un geste rudimentaire,

Simplement .

 
DateAprès 1984
ContinentOGR
Mediatexte
Cote1320-4-11

Issa - Histoire Deux. Ncéphore

07 Janvier 2017

 

 

Issa

Dans ce quartier plus de sabbat ni de boue : des oiseaux !

La chose à gauche, la jambe à droite,

Aucune dignité de la chair,

La langue noire,

Et des passereaux vifs !

 

Nouvelle traversée du jardin Capitan

Et sa maison des oiseaux, en compagnie de Joseph,

Avec Husserl, le roi hylétique,

Arsène, qui trime comme graveur chez Leblanc.

Et l’enfant qui le heurte dans les Arènes tombe mort.

 

On paye pour la ménagerie :

Fauves trempant dans le lac d’urine,

Anges loukoum aux ailes de carton ;

Mille menues attractions en éclipses

Dont les pharisiens si terriblement bêtes.

 

Là-bas la Fille de la Commune, nue jusqu’à la chair,

Jambes coupées, le moyeu vide,

Sur le matelas de sommeil des lettres

En Grande Truanderie.

 

(lire la suite…)

 

 

Issa fait partie du prologue poétique du recueil de nouvelles et petits récits Histoire Deux.

Datenon daté
ContinentOGR
Mediatexte
Cote1319-4-11

L'Inscription - Ce qui compte n'est jamais là

04 Janvier 2017

Paru dans la revue Mettray n° 7, en Septembre 2014. Sans doute le commentaire le plus précis de l'horizon de la Cosmologie.

I. Revay

Date2014
ContinentHSOR
Mediatexte
Cote1318-8-11

Delphes - Histoire Deux. Nycéphore

01 Janvier 2017

Delphes

À l’Omphalos les Anges viennent sans maquillage

Et se dissolvent au bord des quais

Avec des fleurs dans les cheveux,

Vers la Montagne du Temple au toit de mains réunies ;

Le Temple en carton peint,

Le Palais-Gallien,

Le cortex de cristal, le total de colonnes.

 

Les Séraphins de Delphes tournent la mie de pain entre leurs doigts

Et la luplissent de lumière.

L’Archange Saint-Michel, cuivre qui résonne, hanche souple,

Vient avec son Bronica

Pour prendre la première photo de la phemme du Dieu de Delphes

Et du python qu’elle y a tué :

“Hatu Berato Niktu !”

 

(lire la suite…)

 

Le recueil de nouvelles Histoire Deux (dont des extraits figurent dans Quartiers de ON !), daté de 1984, présente plusieurs tableaux, de l'Antiquité à la Renaissance, toujours dans une version rejouée, célébration parodique ou reprise de cauchemar.

Il est précédé d'un prologue poétique : En Marche ! qui parcourt également l'histoire, ou figure ce texte.

I. Revay

Datenon daté
ContinentOGR
Mediatexte
Cote1317-4-11

SRRLSM/RBSPRR - Enquête à propos du Surréalisme

25 Octobre 2016

Ceci en réponse à une enquête organisée par l'URDLA, et qui a donné lieu à un ouvrage intitulé Trois Chameaux rue de la Convention

 

Qu’avez-vous fait, vous, les gidiens,
les cérébraux, les rilkéens,
les mystériens, les faux sorciers
existentiels, vous, les pavots
surréalistes qui flambiez
sur une tombe, les cadavres
de la mode européisés,
les blancs asticots du fromage
capitaliste, qu’avez-vous fait
devant le règne de l’angoisse,
devant cet obscur être humain,
cette présence piétinée,
cette tête qu’on enfonçait
dans le fumier, cette nature
de rudes vies foulées aux pieds ?

Vous avez pris la poudre d’escampette
pour vendre des morceaux d’ordure,
pour chercher des chevaux célestes,
la plante lâche, l’ongle ébréché,
la « Beauté pure », le « sortilège »,
des œuvres de pauvres capons
pour que les yeux s’évadent, pour
que les délicates pupilles
s’embrouillent, pour survivre
avec ce plat de rogatons
que vous ont jeté les seigneurs,
sans voir la pierre à l’agonie,
sans protéger, sans conquérir,
plus aveugles que les couronnes
du cimetière, quand la pluie
tombe sur les fleurs immobiles,
les fleurs pourries des sépultures.
Pablo Neruda. Le chant Général.

 

Pourquoi répondre — Je réponds à ceci par intérêt pour votre travail d’artiste et votre travail d’enseignant et parce que très précisèment, voilà un peu plus d’un an, par une sorte de “hasard objectif”, au moment où j’étais en train de distribuer pour les amis de l’URDLA un de vos livres dans les confins les plus reculés de Paris, j’ai eu la tentation de chercher le siège du dernier Cercle Surréaliste, histoire de voir à quoi ça pouvait ressembler aujourd’hui. Et je me suis retrouvé dans un quartier sinistre de cités, un non-lieu, comme s’il s’agissait d’une adresse fantôme.

J’ai toujours été à la recherche d’une fraternité impossible, dans une sorte d’enthousiasme à venir. Dans ces temps de sinistrose il aurait été curieux de voir si des surréalistes attardés réussissaient enfin à travailler dans des conditions de laboratoire telles qu’ Artaud les voulait.

 

SRRLSM SRRLST — Voilà encore quelque chose qui me pousse à vous écrire, que ces consonnes imprononçables. J’ai écrit ainsi Robespierre RBSPRR dans Quartiers de ON ! À la fois le Tas de Pierres de Hugo et le tranchant consonantique de la guillotine.

 (lire la suite…)

 

Date21 Août 2015
ContinentHSOR
Mediatexte
Cote1316-8-11

Petites Proses de Nicolaï

12 Octobre 2016

 

LES PETITES PROSES comme la plupart des recueils du continent OGR sont écrites en vis à vis, d’un frère à l’autre. On a choisi entre plusieurs versions de chaque texte généralement la dernière. On trouvera ici quelques pages du recueil de Nicolaï qui comporte une cinquantaine de poèmes en prose et qui sera bientôt disponible en pdf sur le site.

L’ouvrage date pour la majeure partie du Lycée et de la Société Secrète des Cinq Doigts (en référence à Isidore Beautrelet), groupe constitué avec entre autres Nicolas le Hongrois, dont l’activité se poursuivra jusqu’en 1968, et dont Domnique Merlet était l’organiste et l’organisateur, du temps où il habitait près du Palais-Gallien.

Isabelle Revay 

Date1965-1970
ContinentOGR
Mediatexte
Cote1314-4-11

Petites Proses de Nycéphore

12 Octobre 2016

LES PETITES PROSES comme la plupart des recueils du continent OGR sont écrites en vis à vis, d’un frère à l’autre. On a choisi entre plusieurs versions de chaque texte généralement la dernière. On trouvera ici quelques pages du recueil de Nycéphore qui comporte une cinquantaine de poèmes en prose et qui sera bientôt disponible en pdf sur le site.

L’ouvrage date pour la majeure partie du Lycée et de la Société Secrète des Cinq Doigts (en référence à Isidore Beautrelet), groupe constitué avec entre autres Nicolas le Hongrois, dont l’activité se poursuivra jusqu’en 1968, et dont Domnique Merlet était l’organiste et l’organisateur, du temps où il habitait près du Palais-Gallien.

Isabelle Revay 

Date1965-1970
ContinentOGR
Mediatexte
Cote1313-4-11

Poor Arthur - Tribu des Gras

08 Avril 2015

Poor Arthur

Il faut descendre Arthur, mais on sait pas par où le prendre, comment le saisir. À chaque fois qu’il revient, il est différent, teinté de Marseille, de Siddi-Bel-Abbès, de Colomb-Béchar et sa section de Discipline, en train de casser des cailloux à la masse, passé par le Kef ou de retour de l’île du Diable ; il a toujours vu les gardiens révolver au poing depuis sa naissance. Ça dépend avec qui il erre.

Arthur avait commis un crime sur un chantier en se faisant passer pour Louis, après avoir volé ses papiers d’identité, et Louis avait hérité de son casier judiciaire qui s’élevait à hauteur d’homme.

On serait bien allé le voir dans sa “concession à perpétuité”. Pour peu, Henri l’aurait crevé d’un coup de couteau, et il aurait commencé à l’embaumer par le ventre.

Y’avait un Amar, là-bas, à Cayenne, à la Case des Fous, prénommé Arthur comme lui, qui habitait rue Verte à Caudéran.

Lui en réalité c’est Jules-Arthur, mais il voulait pas entendre parler de Jules, il trouvait que ça faisait pot de chambre. Nous on trouvait que ça faisait pas assez excessif. “Arthur, ça crache sur le soleil ; Jules, c’est tout juste si ça pisse !”



(lire la suite…)
Date1984 et Après
ContinentCosmologie Onuma Nemon
Mediatexte
Cote1307-1-11

Jules-Arthur - Tribu des Gras

07 Avril 2015

Je ne sais rien de Jules-Arthur

Je ne sais rien de Jules-Arthur de la Crapaudine ; je l’ai toujours rencontré en coup de vent. J’ai cette photo dans le désert avec les casques, dans un groupe, et c’est à peu près tout.

Il tenait ce surnom du supplice subi plusieurs fois, les membres attachés derrière le dos, et pendu au soleil.

Sa mère Rosa n’était pas pauvre, mais il plaignait souvent une pauvre tante : Sabine l’amie de Jo, sur l’Ourcq. Il en parlait à mi-voix, tête baissée.

“Sabine avait attendu Jo tout le temps sur le fossé, près de la voiture, ne sachant l’ouvrir, plus de deux heures en plein soleil. Quand je suis arrivé elle m’a demandé en toute hâte un morceau de pain, au bord du malaise.

Il pleuvait.

Elle était trempée.

Elle n’avait pas mangé depuis cinq heures du matin.

 
(lire la suite…)
Date1984 et Après
ContinentCosmologie Onuma Nemon
Mediatexte
Cote1305-1-11

Le Futur - Brouillon

05 Avril 2015

Oui, nous irons dans un petit hôtel de campagne à colombages pour la lune de miel,

Regarderons les troupeaux de vaches grasses dans les prés du Herrefordshire

À travers les fenêtres à vitraux ;

Et avec la petite voiture verte

Nous monterons jusqu’en haut de la colline :

Cela nous donnera un point de vue magnifique

Qui nous renverra à un autre surplomb dans le souvenir, en Alsace ;

Puis nous redescendrons vers le lac ;

Je te demanderai : « Es-tu heureuse ? »

Tu me répondras : « Oui.

— Heureuse comment ?

— Simplement heureuse. »

Surpris par une tiède averse de printemps,

Nous nous abriterons dans la grange

Sans plus jamais vouloir être ailleurs.

Et malgré tout il y aura d’autres villages et d’autres collines

Et cela nous surprendra à chaque fois,

L’amollissement vertébral des transparences extrêmes.

*

(lire la suite…)


(en hommage à Didier Morin & Bernard Plossu )

Date1974 et après
ContinentHSOR
Mediatexte
Cote1303-8-11

Pages