Studebacker et Les Archaïsmes - Carte n°5. Annexe 1 & 2

Date du document : 1997

Ce texte est explicatif des tensions et des archaïsmes à l’œuvre dans le continent OGR de la Cosmologie et de la façon dont ces archaïsmes ont subsisté à la façon d’un enkystement.

Les archaïsmes de forme (alexandrins ou octosyllabes dans la première partie du “Tome Poétique”, construction romanesque traditionnelle de “Roman” et de “Phényx, Styx, X”), ne doivent pas être traités aujourd’hui à la façon du mensonge post-moderne. Il n’y a jamais eu, il n’y aura jamais de dépassement des nouvelles formes par les anciennes.
Du reste les formes dont il est question ici, ont été abandonnées par l’Auteur, comme les vieilles peaux des mues successives.
La particularité tient seulement à ceci que l’abandon a pris sans doute plus de temps que chez d’autres, et surtout que ces vieilles enveloppes ont continué parfois à insister en même temps que de plus “modernes” avaient vu le jour (par exemple certains poèmes de 1964 ou 1965 sont traités en vers libres, tandis que d’autres reprennent des formes traditionnelles ; plus rarement, mais cela a lieu aussi, les deux sortes de formes coexistent dans le même texte).
Autre particularité : elles ont subsisté alors que “l’environnement” de l’Auteur (radiophonie, contacts, spectacles, évènements) s’exprimait tout à fait autrement, comme un enkystement (à la façon du B.K. de la Tuberculose).
Cet enkystement avait sûrement à voir avec la présence du frère inclu en soi, persistant et s_a_ignant parfois à la façon d’une maladie dans le temps, d’une affection du Temps. Mais il ne s’y réduit pas.

Publié le 13 janvier 2008 dans document OGR texte

De L’Homme Qui Rit à Studebacker - Carte n°5. Annexe 1

Date du document : 1997

Ce texte explicite en partie la tension au travail dans LOGRES.

Logres, pays des Ogres et territoire d’Arthur chanté par Calogrenant et défendu par Lancelot, (première ébauche de la Cosmologie actuelle), ainsi que OGR (qui fut le premier Continent émergé issu de la division de LOGRES), présentent tous les avantages de la contrainte dans un autre corps. C’est comme “L’homme qui rit” : un corps qui rit d’un rire imposé de l’extérieur alors que l’intérieur n’est qu’un conglomérat de morceaux tragiques. Là encore, toute l’importance du Moyen-Age et du désordre Celte, l’incapacité à faire cuirasse et encore plus armée.
Il y a un élément, une caractéristique, qui se conserve d’un continent à l’autre, de OGR à OR, du moins, et qui disparaît sans doute dans O, c’est la fulgurance, le trait foudroyant qui dans son zigzag procède à des associations apparemment saugrenues.
Ce trait de caractère bien sûr détermine toute l’œuvre graphique.

Publié le 12 janvier 2008 dans document LOGRES texte

Alumbrados. La Rábida - Ligne de Don Qui Domingo

Date du document : 1991

Ce texte figure dans “Quartiers de ON !” paru aux éditions Verticales en 2004

Alumbrados
Y’avait d’abord eu le clayon* (*éclaircissons clayon : c’est comme un layon dans la ville, la fraîcheur soudaine des forêts aux grands fûts, devenue sensible dans la profondeur des vieilles rues espagnoles ou bien à Bruges) poussiéreux de l’Aube, ce cliquetis de la matinée dans le crâne au sommet du chemin duquel le cycliste, de très loin, paraissant immobile, semblait, avec les rayures circulaires rouges et vertes de son maillot, un bouchon de liège de pêche oscillant dans les ondes d’air chaud.
Elle leur dit, face aux légères effluves des marécages autour de la Rábida, pour le petit déjeuner si plantureux, silhouette des moines tressautant de parodie à travers les herbages (“qui s’avançaient trottinant et boitillant, sautillant et fôlatrant”), retroussant leur robe avec une consommation féminine (“pour jouer à saute-mouton, se cramponnant les uns aux autres, secoués d’une hilarité épaisse et fausse, se donnant des tapes sur le derrière, riant de leurs grossières malices, s’interpellant entre eux avec des surnoms familiers, chuchotant deux par deux, la main devant la bouche”), chacun d’entre eux traçant de sa voix séparée à travers le vent fort des algorithmes à partir de la théorie esthétique de saint Thomas, l’un tout à la vue de l’espace, l’autre tout à l’ouïe du temps, et cætera… ceci :

Publication : “Quartiers de ON !” Éditions Verticales. Le Seuil. 2004.

Publié le 12 janvier 2008 dans document Cosmologie Onuma Nemon texte

Aïeul Colomb 3 - Ligne de Don Qui Domingo

Date du document : 1992

Ce texte figure dans “Quartiers de ON !” paru aux éditions Verticales en 2004.

Christo Foro
Déjà Christ lui-même, et cheminant pauvre avec son fils Diego, cassant la glace ou jetant les cendres dans le vide, construisant de mini-tactiques de guérillas contre la Dépression (sortir dans le froid, rencontrer son corps, rendre visite à un marin de Moguer pour retrouver sa voix), et tombant à genoux sur les marches du monastère et couvent de La Rábida, implorant de l’eau et du pain pour son fils et demandant à être reconnu dans ses folles aspirations.
Et l’étant enfin grâce à Juan Perez le prêtre-ouvrier-mécano (vie ordinaire et limitrophe) et à ses courriers vers Isabelle. Et cette expansion de Noël reconquit Grenade. Mais si un écuyer ne l’avait pas rattrapé au Pont de Pinos, l’Amérique n’existerait pas.

Marco Polo a regonflé le disque de Macrobius et les moines eux-mêmes arrondirent la Terre en dépit des Rois Catholiques.
Christo a vu les photos qu’il a rapportées de Cipangu et les idéogrammes de Cambalu ; c’est depuis Sagres que les limites du monde ont reculé.
Et toutes les flèches différentes volent pour se confondre dans le même horizon : Herman, Cortès, Francisco Pizarro, Vasco Nuñez Balboa, Alvarado : il s’agit de prendre l’Islam à revers avec l’aide du “Prêtre Jean”, à moins qu’il ne s’agisse déjà d’Arthur, en Abyssinie.

Publication : “Quartiers de ON !” Éditions Verticales. Le Seuil. 2004.

Publié le 12 janvier 2008 dans document Cosmologie Onuma Nemon texte

ON : Parcours

Date du document : Décembre 2007

Sphère Biographique. La Fin.
O. N. est né en 1948. Origines : Cuba, Andalousie, Tziganes.
1954 : En même temps que l’écriture, la Cosmologie se met en place, de façon secrète.
À partir de 1966 On fait des études de photographie, marqueterie, reliure, et se prépare à devenir bibliothécaire avant de se diriger vers les arts plastiques.
De 1966 à 1968 On est producteur d’émissions radiophoniques et crée le premier café-théâtre de province où On expérimente ses premiers essais dramatiques (sous l’influence notamment de Jean Vauthier, qu’On rencontre alors), et où ont lieu des représentations d’Arrabal, Gripari, Obaldia, et des montages poétiques autour de la Beat Generation, le Dadaïsme, Cendrars, etc. On est assistant-décorateur d’Andréou sur le Don Quichotte de Paisiello et participe à Sigma (Bordeaux), mais également à des travaux dans le cadre du tout nouveau Service de la Recherche situé alors Centre Pierre Bourdan. En dehors de ça happenings. Travaux de décoration théâtrale à l’étranger. La Cosmologie se cristallise sous forme d’un délire mystique et se constitue en Cinq Continents, mais reste une élaboration secrète.

Publié le 30 décembre 2007 dans document DAO texte

Aube à Deux Ans - Les Adolescents. Ligne d’Aube. Hiver

Date du document : 1978

“Il va réveiller la fille !” elle entend. Elle se souvient de sa mère disant cela une nuit où Jean-Paul s’était mis à pleurer.
Mais non elle ne dort pas. Elle a deux ans à peine et elle entend qu’on parle d’elle et elle l’entend lui, qui pleure.
C’est son premier souvenir, clair, net, précis. Ils dorment tous les quatre dans la même chambre.
Aube est dans un lit de fer forgé peint en blanc, habillé d’un tissu bleu sur lequel elle regarde, lorsque le jour se lève ou pendant les siestes, les petits motifs rouges et jaunes cernés de filets noirs.
Elle y voit des balles, des ballons. Il y a des chiens aussi, quelques oiseaux, des poissons.

Publié le 14 décembre 2007 dans document Cosmologie Onuma Nemon texte

Aube à Tokyo - Les Adolescents. Ligne d’Aube. Terre

Date du document : 1978

11 000 mètres d’altitude. 900km/heure. Passage le long du cercle polaire, soleil de minuit, nuit pincée entre la lumière du couchant et celle du levant. Intense humidité stagnante. Nuit. Shinjuku.
Aube écrivait à Monique (qui aurait dû venir) que son expo à Tokyo le 26 août faisait partie de “Femmes et Histoire”. Mr Yamagishi lui offrait le luxe de montrer des morceaux de peau et de chair dans une galerie. “Les femmes ont créé 52% de toutes les formes de pensée humaine ; que les hommes assument au moins les 48% qui leur restent !” Elle avait envoyé un télégramme à l’ambassade de Russie Bd Lannes pour le soutien des femmes russes en lutte comme elle en enverrait quatre ans plus tard encore pour éviter le séjour en camp à Nathalia Lazareva. À Shigel elle avait dit : “You are not living in my body.” et “J’ai le droit de briser l’ordre des chapitres.”
À Tokyo elle fit de l’Ikebana avec Yemoto et d’autres Senseï ; mais tous ces Senseï et ces dames très courtoises de la bourgeoisie l’agaçaient comme un rebrousse-poil électrique sur un pelage de chat. Elle avait amené de la poudre de cacao Van Houten et du sucre en poudre pour leur faire des crèpes comme ils aimaient quand ils logeaient chez elle rue de Lancry pour des stages à Paris, avec Sankai Juku. En sortant dans la rue elle avait parlé avec un jeune garçon qui faisait partie d’un groupe politique contre la bombe atomique. Dans la rue elle acheta tout un tas de coupes, de bols et de baguettes. “Les choses, quand elle sont juste perçues, ne sont pas encore cochées.” Plutôt le futur pour son texte de présentation : “Les traversées des apparences se feront là, à travers ce gris.”

Publié le 14 décembre 2007 dans document Cosmologie Onuma Nemon texte