Colomb 1 & 2 et Long John Silver - Les Grands Ancêtres. Ligne de Don Qui. Les Aïeux de Don Qui

Date du document : 1991

Ce texte fait partie de “Quartiers de ON !” paru aux éditions Verticales en 2004.

Colomb suivi de Long John Silver
Du boulevard les grises balayures s’étaient enfin enlevées de nos yeux, malgré nos regrets de cet amour tangentiel des croupes, dont la rotondité ne sert qu’à mieux compresser notre organe, en nous en étant déjà de nous-même défait, sans même y avoir pénétré.
Le signe du soleil fondant après les derniers bois était aussi celui où le vent redoublerait vers les reins (heureusement garnis de flanelle), en prenant pour ricochet la glaciation des ondes vipérines. J’étais enfin libre de faire jouir mon corps et mon âme (…………) des mêmes nervures de coque, défait du port où l’immonde silhouette d’un barbotis flasque disparaissait avec le bruit des chaînes qu’on mouille
Mais à peine passé le port, où le vent tombait, le soleil masqué jusque là rebondit au-delà de la fin de l’après-midi ! comme si nous changions d’univers ; la fatigue, la grande fatigue qui est la mienne, ajoute une grande saveur de viande meurtrie et d’os brisés à tout.

Publication : “Quartiers de ON !” Éditions Verticales. Le Seuil. 2004.

Publié le 11 novembre 2007 dans document Cosmologie Onuma Nemon texte

Bouillons du Dernier Cri - Livre Poétique de Nycéphore 1968-1984. Futur Antérieur. Poème n°15

Date du document : Fin 1969

15. Bouillons du dernier cri

La supposition est mince :
On voit clair !
À travers la barbe puante de poisson
Du moujik voleur de chevaux ;
Zinaïda la première.

Mille falots des exilés qui passent
Sur la grand’route de Sibérie,
Chaînes aux mains et aux pieds :
Promenade aux flambeaux des spectres.
Sur les côtés : cavaliers sabre au clair, révolver au poing.

Publié le 8 novembre 2007 dans document OGR texte

Ombre.Cádiz. - Livre Poétique de Nycéphore. 1968-1984. Poème n°14.B.

Date du document : Août 1969

B. Cádiz

Des deux côtés de la route modeste : aceituneros, gaditans.
Plus loin : le cantaor,
Trou frais du soleil dans la toile ;
Gammes de l’ombre, noisetiers.

Tremblante de lentejuelas de oro,
Sa voix de Málaga !

Plus de cortèges à travers les volets
Ni sur les terrasses,
Dès qu’il chante ;
Sucs du vent et chaos des restes.

Carrés de pins, lignes de craies,
Virgules d’encre sur les ciments, vers la mer.
L’aveugle de loterie cesse les secouades sèches de sa sébile
De fer blanc, sur le trottoir.

Publié le 5 novembre 2007 dans document OGR texte

Ombre.Buenos-Aires. - Livre Poétique de Nycéphore 1968-1984. Poème n°14.A.

Date du document : Fin 1969

14. OMBRE
A. Buenos-Aires

Avenida San-José :
Escabullisada !
San Martín : froid précieux du houx vert ;
Et le givre, tel qu’après un long sommeil.

O Argentina, tu fus toujours passive
De l’autre côté de la frontière, espérant,
Ocaro !

Nous on habitait plus haut
Sur le Monte Cristo.
A Buenos-Aires,
Rouilles géantes et sublimes,
Tous mes membres tremblent de prose.

D’une lenteur ébouriffée,
Depuis que j’ai quitté les huches d’abeilles,
Je refoule mes petites peaux contre les ongles ;
Calle Domingo s’enfonce en Automne
Dans une nuit logique de nacre, épaisse,
Usure honnête des familles, les feuilles,
Les boues…
On quémandait devant les bains publics,
Chambres ouvertes,
Les mosaïques mauves,
Pour pouvoir sauter dans le tramway en partance
(Le globe-trotter est-il vraiment mort ?)

Publié le 5 novembre 2007 dans document OGR texte

La Descente au Jardin - Livre Poétique de Nycéphore 1968-1984. Poème n°11

Date du document : Pâques 1969

11. La Descente au Jardin

Allons ! Totalité frugale,
Premier jour !
Toutes brillantes des ondées du rêve,
Offertes dans l’urne du matin,
Devant,
S’envolent, claquent,
Les tourterelles !

On ne revient jamais aux mêmes endroits du jardin.
(Toujours j’y replonge !)
Tête envolée sous le figuier
De dahlias, couleurs et désordres…

(Là-bas
Quatre Pavillons
Quinze mois,
Dernier somme ;

Masse de boue devers l’École ;
Carte des tertres de hasard.)

Le tilleul, puis
La touffe d’arums, puis
Le ciel d’eau intangible et nue,
Plus noire que sapinière.

Publié le 5 novembre 2007 dans document OGR texte