OGR + OGR (épanchements)

Description d’un couple correct - Livre Poétique de Nicolaï. 1964-68. Poème n°23

Date du document : 1965

Publié le 25 Novembre 2007

23. Description d’un couple correct

Jo ! Tout en paillons, le nez bleu, les pieds gelés,
Où s’en va-t’il donc désodésarticulé
Qui déploie son chocolat si beau de barrière ?
Vois-le s’enflant, envahir partout du derrière !
Qu’on regarde, violent et clair, surpris et dur,
Le beau récit, extrait puant de béton pur
Fourmillant vert, mousse d’esprit rêvée, d’idées
Qu’il fait, se dégageant par blocs et non ridées !
Enfin d’accroupissure, écarlate son Ouf !
Et puis s’assoit dessus de prose, comme un pouf.

Journal des Adolescents du 7 au 12 juin - Anus & Salades

Date du document : avant 1984

Publié le 15 Novembre 2007

Anus & Salades

Ces extraits font partie d’un texte de plus de 800 pages intitulé L’Année des Adolescents ou Les Sciences du Jour dont une partie a déjà été diffusée par DAO voilà plusieurs années et dont une autre partie a été intégrée au recueil nommé Ivre des Morts.
Il consiste dans l’emploi du temps de plusieurs couples d’adolescents sur toute une année, adolescents dont certains sont de “purs adolescents” (n’ayant eu aucune enfance) tandis que d’autres font partie des Escholiers Primaires ou Moins-Que-Rien et d’autres encore des Orphelins Colporteurs.
Tout cela relevant de La Ligne des Adolescents dans “Les États du Monde”.
Les couples sont Énide et Erec, Zinaïda et Nicolas, Joyelle et Hill, Lydou et Jean, Ramona et Nicolaï et Nathalie et Nycéphore.
Nous publions ces extraits dans la mise en page de l’auteur.
Les extraits choisis l’ont été parmi ceux qui étaient colorés en rouge sur la maquette, c’est-à-dire en l’occurence destinés à la publication ; les autres, restés en noir, font partie des Épanchements.
Il n’y a pas de date de composition mais cela est forcément antérieur à 1984.
Isabelle Revay.

Ligne des Adolescents. - 1967. Dits d'Elles

Date du document : Novembre 1968

Publié le 15 Novembre 2007

(Zinaïda) Alors il pleut beaucoup ; beaucoup de vent, un vent chaud. Le matin Nicolas me porte une jacynthe blanche. C’est Nicolas qui a eu l’idée d’une roulotte de théâtre à travers la France. Nany c’est plutôt le Moulin. Peut-être que nous fuirons dans le Nord comme Prosper ! C’est une idée d’Henri. L’anatomie du Parc Bordelais est très belle sous le soleil. Antón et Nicolaï arrachent des pancartes sur tout le trajet. Il dit qu’il ne sait pas même où il va ! Il pense sans cesse à son roman.
(Aube) Samedi matin il pleut, je couds, je lis des poèmes. Le repas a été assez peu supportable ches les cousins Artaud, à cause de Jacquie, de leurs grands-parents, d’Annie et surtout de cet abruti de Bambi, un de leurs copains ! Ils ne savent toujours pas qui a tiré des coups de fusils dans la vitrine l’autre nuit ; les gendarmes ne leur ont rien dit. En modelage statuaire il me donne une jonquille. Il m’a parlé de Lulu, la tante de Nycéphore qui était voyante et qui guérissait les “envies”. Il m’a donné un poème sur elle de Nycéphore.
(Lydou) Toujours tous les jardins à pieds, sans cesse, malgré sa fatigue. Ensuite nous allons tous deux chacun chez notre docteur ! (Il tousse encore beaucoup !) Le docteur nous parle d’un de ses collègues un peu fou, près de l’église Saint-Augustin, qui cherche à créer un cerveau infini : ça intrigue Jean. Sans cesse, allers et retours : Le Styx, les Abattoirs, la Cathédrale, le Jardin Public. Il parle de “L’Homme au crâne rasé”, de “La Source”, de “La Fin”.
(Aube) On pose pour des croquis habillés les uns les autres dans la salle de gravure ; il me fait la tête, mais il finit par me graver. Il veut repartir voir Nicolas à Paris ; j’insiste pour qu’il reste. Nous restons un moment accodés ensemble à la fenêtre de notre classe de fusain de l’an dernier, notre première année ! Il allait me dessiner lorsqu’il a soudain vu que je ne le choisissais pas pour modèle !
(Ramona) Il me souhaite ma fête avec un bouquet de violettes et un pot de sangria. Il boit énormément. Il complètement rompu avec sa famille ; il n’est pour ainsi dire jamais à Ste Monique. Nous n’allons pas au “Pétanque” ; il a su que je posais nue et ça l’a rendu furieux. Il fait beaucoup de vent le soir ; voilà deux jours il faisait beau sur les quais, le jour où l’inspecteur est venu.

Bouillons du Dernier Cri - Livre Poétique de Nycéphore 1968-1984. Futur Antérieur. Poème n°15

Date du document : Fin 1969

Publié le 8 Novembre 2007

15. Bouillons du dernier cri

La supposition est mince :
On voit clair !
À travers la barbe puante de poisson
Du moujik voleur de chevaux ;
Zinaïda la première.

Mille falots des exilés qui passent
Sur la grand’route de Sibérie,
Chaînes aux mains et aux pieds :
Promenade aux flambeaux des spectres.
Sur les côtés : cavaliers sabre au clair, révolver au poing.

Ombre.Cádiz. - Livre Poétique de Nycéphore. 1968-1984. Poème n°14.B.

Date du document : Août 1969

Publié le 5 Novembre 2007

B. Cádiz

Des deux côtés de la route modeste : aceituneros, gaditans.
Plus loin : le cantaor,
Trou frais du soleil dans la toile ;
Gammes de l’ombre, noisetiers.

Tremblante de lentejuelas de oro,
Sa voix de Málaga !

Plus de cortèges à travers les volets
Ni sur les terrasses,
Dès qu’il chante ;
Sucs du vent et chaos des restes.

Carrés de pins, lignes de craies,
Virgules d’encre sur les ciments, vers la mer.
L’aveugle de loterie cesse les secouades sèches de sa sébile
De fer blanc, sur le trottoir.

Ombre.Buenos-Aires. - Livre Poétique de Nycéphore 1968-1984. Poème n°14.A.

Date du document : Fin 1969

Publié le 5 Novembre 2007

14. OMBRE
A. Buenos-Aires


Avenida San-José :
Escabullisada !
San Martín : froid précieux du houx vert ;
Et le givre, tel qu’après un long sommeil.

O Argentina, tu fus toujours passive
De l’autre côté de la frontière, espérant,
Ocaro !

Nous on habitait plus haut
Sur le Monte Cristo.
A Buenos-Aires,
Rouilles géantes et sublimes,
Tous mes membres tremblent de prose.

D’une lenteur ébouriffée,
Depuis que j’ai quitté les huches d’abeilles,
Je refoule mes petites peaux contre les ongles ;
Calle Domingo s’enfonce en Automne
Dans une nuit logique de nacre, épaisse,
Usure honnête des familles, les feuilles,
Les boues…
On quémandait devant les bains publics,
Chambres ouvertes,
Les mosaïques mauves,
Pour pouvoir sauter dans le tramway en partance
(Le globe-trotter est-il vraiment mort ?)

La Descente au Jardin - Livre Poétique de Nycéphore 1968-1984. Poème n°11

Date du document : Pâques 1969

Publié le 5 Novembre 2007

11. La Descente au Jardin

Allons ! Totalité frugale,
Premier jour !
Toutes brillantes des ondées du rêve,
Offertes dans l’urne du matin,
Devant,
S’envolent, claquent,
Les tourterelles !

On ne revient jamais aux mêmes endroits du jardin.
(Toujours j’y replonge !)
Tête envolée sous le figuier
De dahlias, couleurs et désordres…

(Là-bas
Quatre Pavillons
Quinze mois,
Dernier somme ;

Masse de boue devers l’École ;
Carte des tertres de hasard.)

Le tilleul, puis
La touffe d’arums, puis
Le ciel d’eau intangible et nue,
Plus noire que sapinière.

La Jeune Juive - Livre Poétique de Nycéphore 1968-1984. Futur Antérieur. Poème n°34

Date du document : Mars 1983

Publié le 29 Août 2007

34. La Jeune Juive

L'Hiver, sucre lent qui fond, on erre, jusqu'à se taire,
Se terrer. L'air qui languit et qui tourne, c'est celui de
La jeune juive
Au-dessus des sombres nations, au fond de la vallée de la Ruhr.

« Oh ! Toute cette chute d'hosties vives dans la bouche, ce sont
Les gateaux de mon père pour les Pâques,
Les vitraux froids par endroits de l'Évangéliste
Mais d'une telle grâce !

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