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Apothéose des Classeurs - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984 Poème n°36

Date du document : Décembre 1965

Publié le 23 Mars 2010

36. Apothéose des Classeurs

Je vois les Classeurs d’ici faire ;
Ce sont des guelfes, dont les palmes
Sont bleues ; armés de leur calame,
Ils sont bourreaux de Lucifer.

Macrobe est parmi eux ; Saturne,
Sénèque, et le vieillard Gaïus ;
Ils ont des formes de théâtre ;
Ils s’entretiennent tous les quatre,
Et parfois se lèchent l’anus.*

Ils classent de petites choses,
Des soucis, puis, de loin en loin
Des fragments, des gueules de roses,
Des nappes de sang, et du foin.

L’un d’eux, venu de Forêt Noire,
En Octobre, pour traverser
Sur l’arête, puis par la foire,
Vient ici pour tout renverser.

Un Autrichien gauche du Rhin
Exécute quelques calculs,
Pris d’assaut par des échecs nuls,
Reconnaissant qu’il n’est plus rien.

Classant soixante-dix couronnes
Du Un septembre Sept-Cents Quinze,
Les cahiers écrits par les Faunes
Sur leur méthode, et sur leur sinze.

Certains, aux clartés de l’Époque
Forment des spectres empoisonnés ;
Claudius est là ; voilà sonner
Les cloches, et pour Duncan les cloques !

etc.


Ce poème a déjà été publié en 1966 dans Saint-Michel & Saint-Augustin, un fascicule littéraire bordelais, puis dans les “livraisons” du Livre Poétique par Tristram-Dao dans les années 80.

Terre de Grogne - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984 Poème n°35

Date du document : Décembre 1965

Publié le 23 Mars 2010

35. Terre de Grogne

Les hommes dans les forêts tirent
Sur leurs caoutchoucs indécents ;
C’est bon comme le somme est bon !

Dans le glossaire de leurs veines
Levant une aile ensanglantée
Entre leurs deux très gros poumons.

Seules les races se fondront
Dans l’herbe en fin de matinée
Plus chaude et fourrée de soleil.

À l’instant, le seul givre n’est
Que cette tension souveraine
Nous embarassant de buées !

Quand s’allument toutes les plaines,
Grappes noires de sensations
En bas du chemin gras de boue,

C’est une lueur dynamite,
Un humanisme paysan
Pris d’une confusion humide.

Leur soupe de poireaux s’avale
Avec des cailloux sans couleurs ;
Inaltérables forces, bris.
*


etc.



Ce texte, jadis édité dans un version ultérieure plus longue (596 vers) par Tristram & DAO, dans la première partie du Livre Poétique qui faisait partie des “livraisons périodiques”, retrouve ici sa première version de 393 vers.
Il s’agit d’enfermer Dieu dans un cristal, une bouteille. La litanie produit une nappe de signifiance (plus qu’une musique) sans aucun sens nominal.
De la connotation pure sans aucune dénotation ?
Il y a des actions, même des héros, mais la question n’est pas là. C’est un bain incantatoire.
D’autres poèmes ont ainsi, à la façon japonaise, enclos quelques parcelles d’or dans une laque obscure.
Le but était pour certains lieux magiques détruits depuis (le Phœnyx d’Arlac, des passages secrets du Peugue et de la Devèze, le Grand entrepôt de Lescure…), de les sceller hermétiquement, quitte à les rendre définitivement incompréhensibles pour ceux qui ne les auraient pas connus (et qui de toute façons vont disparaître aussi), inaccessibles à jamais et lancés dans le vide pour un tournoiement infini jusqu’à ce qu’une machine à remonter le Temps surgisse.

À Tue-Tête - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984 Poème n°33

Date du document : 1940

Publié le 24 Janvier 2010

33. À Tue-Tête

V
ois, dans ce premier jour d’Allemagne dernière
Illuminé enfin des frises de l’Enfant
Vibrant son souffle de cristal et de lanières

etc.



À
: ce commencement de l'énigmatique Acrostiche trop gorgé de sang. Que signifie pour nous : “Vive le Père Cédent !” Connivence de chambrée ? Opération dentaire faite par le maréchal-ferrant comme c’était coutume ?
Les doigts pleins de sang, l’Artilleur Tesson, pris de l’énervement de tout maculer autour de lui, avec cette encre dont il est peu sûr, dont on suit l’hésitation en même temps que l’épuisement le long de la colonne d’acrostiche. (Détails sur l’original.)
Au fur et à mesure que l’encre disparaît de la plume, l’assurance semble venir un peu. C’est sûrement la première calligraphie du caporal que cette calligraphie d’Initale, le début d’une pratique, l’incision de l’incipit au milieu des attaques (ici réelles).
Avec toutes les maladresses, l’exposé de la double fragilité de celui-ci dans la Neige et toujours menacé.
I. Revay

Mémoires du Caporal Paul Tesson - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984 Poème n°32

Date du document : 1939

Publié le 17 Janvier 2010

Cette suite de vers écrits au dos de cartes postales répond dans le Livre Poétique de Nicolaï au poème de 23 vers À Garde !

32. Mémoires du Caporal Paul Tesson


Toujours dans les sentiers les rares ambroisies,
L’obligation du front aux coulères soudaines ;
“Mon Colonel, voici vous offrir l’hérésie
D’un réserviste plein de poudres et de haines !”

etc.

Chaumière du Nord (extraits) - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984 Poème n°31

Date du document : Septembre 1965

Publié le 17 Janvier 2010

Ce poème de 132 vers répond à Anna Shern dans le Livre Poétique de Nicolaï.
I. Revay

31. Chaumière du Nord


Chaumière, chevreuils et hunter
“On chasse les rats !” dit Guillaume
Dans les prairies des économes
Alors qu’il attendait Gessler.

On guettera notre volaille ;
“Shooting is my plus grand pleasure !”
Blotissement que hait Blücher,
Vandale au présent de mitraille.

Et au-delà, cristallisés,
Récursoires des morts en crise,
Les arbres, splendeurs irisées,
Sucre et chocolat par endroits.

etc.

En Crise (extraits) - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984 Poème n°29

Date du document : 23 Mars 1965

Publié le 17 Janvier 2010

À ce poème de 108 vers de Nycéphore répond dans le Livre Poétique de Nicolaï Catéchèse.
I. Revay

29. En Crise

[................................................]
*

Les fastes de l’égorgement
D’une truie blanche dans la cour ;
Sous nos yeux son débordement
De vanne atroce sans secours.

L’enfer dans une faille vide,
Le hurlement populacier ;
Dans une carène d’acier
L’horreur toute neuve sans ride.

Les cadavres en rangs serrés
Que l’on projette en bas des pentes ;
Et puis tout seul ce vieux sacré :
Astapovo : fièvre quarante !

etc.

Dimanche en Hiver (extraits) - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984 Poème n°27

Date du document : 1965

Publié le 17 Janvier 2010

Ce poème fait pendant à Le Rêve de l’Œil Mort dans le Livre Poétique de Nicolaï.
I. Revay

27. Dimanche en Hiver

Tranquille enthousiasme à falloir
Qui colle mon œil mort pleurant.
Chassons les ombres des couloirs
Gouvernant des délicatesses
Où les lettres grattées sont grises.

Dans les dimanches d’hébétude
Des abrutis y scient des planches,
Bouffées pliées de galon vert ;
On transporte des billes noires ;
Buvards, lœthé, après-midis.

etc…

Asile (extraits) - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984 Poème n°24

Date du document : 1965

Publié le 17 Janvier 2010

Ce poème fait pendant chez Nicolaï à Ave Maria d’un Domini, de la même longueur.
I. R.

24. Asile

Haine du draconcule au fond des établis ;
Puis en sortant devant les terrasses : gentianes,
Surprises des pensées aux souffles affaiblis,
Apodes hors des crasses à ramper. Ô campanes !

[………………………………………………]

Les Yeux (extraits) - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984 Poème n°30 (extrait)

Date du document : 1965

Publié le 3 Janvier 2010

Ce poème de 91 vers fait pendant à Prière Acceptable dans le Livre Poétique de Nicolaï.
I. Revay

Noël

Arrière les Lucifériens,
Saprémie de poisons putrides !
Dans les sentes de cuir humide
On se désoriente d’un rien.

On vient de choisir le sapin
Bien loin des parcs à escargots
Chez Gootfried, le Tristan des Goths,
En Alsace, avec des grappins

etc.


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