Onuma Nemon

texte

Brouillons des Croisés - Vive la Rose-Croix !

25 Janvier 2012
 Pas plus que le précédent, ce texte assimilable aux Croisés n’a été repris ni dans les États du Monde ni dans Histoire Deux, du Continent OGR. On y retrouve entre autres l'épouvantable Emicho.
Isabelle Revay
 
 
Qu’importe l’ordre des départs : Chaos, Cosmos, toute la merde ! D’abord des Faces pour des Visages ; (Haïssons pas les paillettes, tous feux éteints Avant l’Apocalypse, Ni les babillages de 18 mois, Attachants gazouillis d’emprunts.), Des Nombres pour créer des Peuples. Visages d’hommes libres sur des corps de femmes soumises Et vice-versa. Déex li volt.
Pierre l’Ermite et sa lettre déclancha tout (“Si Constantinople tombe, Tours aura été inutile. Les Turcs, peuple débile de tous temps…”) Puis Pierre retourna dégoûté à Constantinople.
Ceux-là criaient “Deus lo vult”, Inondés de sanquette, Affublés de fausses culottes, Singes ornés des maux des autres. C’est la tournée du Pape : Tours, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Nîmes (La durée d’un accouchement.), Marchands ceints de peaux d’Artistes qui traversaient l’Apulie Pour aller lui gratter l’oreille, Eux moins que rien : l’ombre déportée d’autres ; Jaugez le peu dont il reste ! Prostituées payées du Saint-Père, Famine, lèpre, fièvres, peste et batailles… Pour ces sauterelles religieuses. “Rien, moins que rien : pourtant la Vie. La pierre est fraîche, la main tiède.” chantent-ils.
D’abord Al-Akim 1010, mauvais chiffre ; (Même Vivien n’y pourrait rien, Même Jean-Pierre.) La Rage qui touche, Blancheur qui pique au lieu du rouge qui tache ; Qui frappe vite et net, tue sur place, élimine frisettes autour du trou ; Le tsuki de la pensée en acte, Coup de poing redoublé sans appel de Bruce Lee & Kanazawa, Foudroiement épileptique de Dostoïevski, Zébrure visuelle de Virginia, Crise atomique du crâne au soir,
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Datenon daté
ContinentHSOR
Mediatexte
Cote1170-8-11

Brouillons de La Bande à Jésus

25 Janvier 2012
Ce texte assimilable à La Bande à Jésus n’a pas été repris dans les États du Monde ni dans Histoire Deux, du Continent OGR (à paraître dans le collectif Courte—Line). Le personnage de Issa, cet ancêtre du Christ figure toutefois dans Crampes, le “recueil gitan” de OGR.
Isabelle Revay


(Bande à Jésus ?)
Dans ce quartier plus de sabbat ni de boue : des oiseaux ! La pine à gauche, la jambe à droite, Aucune dignité de la chair, La langue noire, Et des passereaux vifs !
Nouvelle traversée du jardin Capitan Et sa maison des oiseaux En compagnie de Joseph, Avec Husserl, le roi des claquettes, Arsène, qui trime comme graveur chez Leblanc. Et l’enfant qui le heurte dans les Arènes tombe mort.
On paye pour la ménagerie : Fauves trempant dans le lac d’urine, Anges loukoum aux ailes de carton ; Mille menues attractions en éclipses Dont les pharisiens si terriblement bêtes.
Là-bas la Fille de la Commune, nue jusqu’à la chair, Jambes coupées, le moyeu vide, Sur le matelas de sommeil des lettres En Grande Truanderie.
Tandis que Lui, Exalté par la forme et le nom de la première lettre, Laisse le cartable au ruisseau, Dégorgeant de caricatures, De journaux illustrés, De résidus de Malakoff, Et lance à tous la date de leur mort.

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Datenon daté
ContinentHSOR
Mediatexte
Cote1169-8-11

Le Bief de Bourran - Ligne des Gras

02 Octobre 2011
Et voilà ce qu’en dit Nycéphore :
“Quatre heures du matin, l’été, nuages dans la rivière. Profiter au maximum des espèces qu’on a : l’ombre, les jalousies, le Katalpa… l’eau enfin distribuée si amoureusement ; défaire l’engoncement dramatique, avant Midi !
L’Enfance côté du trottoir dans ses villes, nouvelles antiennes : ses objets successifs devant soi. Rue Verte, sous le marronnier rose, assis sur le banc des douze ans, et de là multitudes de scènes : dans chacune je m’assois et je suis. Merles, fracas des sensations ! Chèvrefeuille, abîme insondable ; si nous ne pouvons rien savoir de l’énigme, disons-la, simplement, stagnons, auprès des essences. Poésie : retenue, celui qui ment tire l’odeur des roses vers la prose, vous savez ?
Moïse de bois doré sans être furieux, formidables senteurs : arums au printemps, proches du fenouil, mimosa des morts à Saint-Augustin, avec l’Idiote dans l’Église. Bonheur incompréhensible absolu (compression atroce des vitraux ; puis vitraux de nouveau dispersés au ciel, aux champs, aux temps), liseron sans odeur de la Préservation : les orgues de Dieu canonnent quand les moissons !
Ils canonnent les rues du Cancéra, du Pas-Saint-Georges, près de chez Nénette et Norbert Perez, devant les tissus Bordenave, chez Maïté (de Manolo), la rue Maucoudinat (suivante à gauche, son puits de Bahutiers, sa Truye qui file), rue Buhan, rue des Boucheries où bouchers, tripiers et crabiers bombardent le bar-tabac rouge de Saint-James de bestes mortes, trippes, laveures, bouillons puants et chairs filantes en contrebas de l’éblouissement du soleil et du courant d’air frais conjugués sous la Grosse Cloche de Saint-Éloi où Siona chante La Juive.

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Ce texte fut jadis dédié à Bernard Manciet avec lequel il y eut une brêve correspondance, et publié dans une feuille locale de Bordeaux.
I. Revay


Date1989 & 1996
ContinentCosmologie Onuma Nemon
Mediatexte
Cote1156-1-11

Brouillon 437. - Suite Réseau Zéro.

29 Septembre 2011
Brouillon résiduel d’une suite probable (assez longue : ici p. 437) de l’épopée de Martin Zoo Outis, dont un récit : CylindreObscur, figure dans OGR, version maigre.
Cette suite abandonnée était surtout fourmillante de plans, presque à chaque page.
I. Revay
Brouillon 437.
Date1976
ContinentHSOR
Mediatexte
Cote1155-8-11

Brouillon - Vrac Didier

20 Septembre 2011
“Embryons humains : les nouveaux esclaves
Produits en masse et conservés in vitro en attente d’être livrés
Par Dieu le Père Papa Pantalon ;
Produits innommés
Voués à une non-naissance.

Ena milo melomon

Bruit de fiacre du levantin
(Elle attendait le train de Topeka),
Four Courts 1922.
Peut-être ici est-ce en sortant qui je suis ?

Sur l’autre bord : suspension artificielle de la mort,
Élimination des plus faibles.
Au-delà : l’apoptose
Et la reprogrammation du noyau :
Est-ce un homme cette levure ?

On n’est dans la nuit que la vomissure du ripailleur.
Qui engendra quoi dans la Trinité :
Plus d’odeur, d’auteur… comment ont-ils pu deviner ?

Sed aureis furculis ;
Noms de mon enclos sans trouée,
Écriture de coins et recoins,
Éclats de la douleur assourdis.
Je suis la réalité fusible
Et le vent du Sud casse les roses,
Langue de mandarin dans une gueule poundissante.
C’est est fini du Bouddha,
On ira aux Enfers pour aider les autres
Où l’on trouve autant de roses qu’on peut offrir,
Où l’abuelo me mord la main par amour.

Enfers de Dante, des Hindous, de l’Abbé Dubois ;
Nagez dans l’étang rempli d’urine de chien et de morve !
Inertie paisible de la stagnation,
Jouissance de l’anéantissement dans le Tout :
Ne jamais renaître !”
*
Oh ! Quelle horreur d’avoir Marie pour femme !
Et le bulletin seul du premier trimestre
Avec des notes autour de 11.

Ce texte fait partie dans les archives du vrac d’un dossier sur Didier. S’agit-il d’une esquisse de Pr’Ose reprise ailleurs ? Nous ne le savons pas.
I. Revay
DateAucune date
ContinentHSOR
Mediatexte
Cote1154-8-11

Les rubans et la Croix - Texte de Joël Roussiez

01 Août 2011

Une barque se dandine sur le lac tranquille, de petites vagues cognent sa coque solide qui glisse contre le quai de bois et les roseaux. Son havre est étroit mais agréable, la berge est douce, couverte d'herbe verte en pente légère jusqu'au seuil d'une jolie chaumière de pierres. Des bouquets de roses surgissent dans le feuillage épais et sombre des rosiers rustiques; on entend le chant d'une flûte picolo et dans l'âtre brûle un bon feu; si la journée est belle, resplendissante même, le matin reste froid car nous sommes au printemps. Le printemps au bord du lac perd très lentement la fraîcheur de l'hiver mais l'automne résiste et garde longtemps les chaleurs de l'été. « Quand l'automne sera là, je ne serai plus là », une jeune fille le chantonne, sa sœur joue de la flûte; allongée sur le lit, elle accompagne les paroles joyeuses. Une soupe légère mijote, la mère repasse une ceinture de dentelle, ensuite il faudra faire le chemisier, « ma fille se marie avec sa chemise de lin ! », et puis « pom-pom-pom ! » rentre le tonton, « j'apporte le jasmin et les fleurs d'oranger », « pose-les ici » et voilà qu'il s'assoit. Oui, il prendra bien un bol de café, ça fait une tirée du château jusqu'ici... La flûte joue doucement avec un peu de précipitation, c'est la mélodie des amants qui dit: si tu me quittes alors je meurs et si tu restes, je vais mourir sur l'heure...

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Date2011
DomaineDAO
Mediatexte
Cote1120-9-11

Un Paquebot Magnifique & Récifs

09 Juillet 2011
Avec Roussiez on part dans l’aventure de la langue, un vrai roman d’aventures et l’aventure du roman, dans le picaresque de Don Quichotte et de Jacques le Fataliste : ce qui doit advenir advient. On est dans Le Chancellor et son présent absolu, Un Capitaine de Quinze Ans, et surtout dans la fin de la première partie de Vingt-Mille-Lieues sous les Mers, les explorations abyssales et la visite du cimetière marin.
On peut lire Un Paquebot Magnifique comme on lisait autrefois le récit du voyage du Rhin de Victor Hugo, vaste déroulement d’où surgissent les récifs des burgs mystérieux à travers des paysages crépusculaires, mille richesses historiques et des géographies à explorer, des contes qui se déploient en pop-up comme le Diable de Pécopin, ce qui correspond chez Roussiez à L’Histoire de Majnûn ou À propos de l’oiseau lapidormeur.
Chez Roussiez aussi mille savoirs de l’époque sont brassés, et l’infini écrase de temps à autre le sillage de l’aimable errance comme chez Victor Hugo la plaine de Soissons s’ouvre sur César, Clovis et Napoléon parmi des ombres qui passent ; à la faveur d’une inscription sur une pierre Jules César se transforme en Jésus-Christ.
Dans les deux ouvrages, moins d’exotisme que de dépaysement temporel, et le passage d’un itinéraire didactique à un véritable enjeu politique, je veux dire un enjeu guerrier.
J’ai la chance d’habiter dans un village dont le Saint arbore à la fois plume et épée, et suis bien heureux de constater que l’incision de Roussiez n’a rien à voir avec cette manie des ouvrages depuis quelques années dont le pseudo-héros est un écrivain ou dont le secret est un livre (éventuellement possédé par un diable aimable et mondain, un diable “Saint-Louis en l’Île”).

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(La Rumeur Libre fait partie de ces éditeur qui ne confondent pas la pensée du corps et la physiologie et préférent l’épos Roussiezien qui comporte un Z. à la socialité bêtasse. Décidément encore une petite maison sympathique de pauvres.)
Publication : La Rumeur Libre
Date14 juin 2011
ContinentHSOR
Mediatexte
Cote1110-8-11

Fabien et le Phalanstère. - Ligne des Enfants. Orphelins Colporteurs. Saison de l’Automne

08 Juillet 2011
Comment sentir les taudis de Lewisham ? Le glissement de l’eau, de l’eau sans fin ! Fabien éprouve ça. Tout est le fleuve, toute vie est le fleuve, toute œuvre est un fleuve de bois flottant. Et elle qui ne vivra plus sans lui, plus jamais sans lui : comment s’approcher de cette douleur !
Fabien se souvient en contrepoint de l’émotion cardiaque au printemps, près du château, chez Stanislas, du matin frais de lumière épanouie où il est allé au marché avec sa femme et sa petite fille pour acheter un gateau avec elles, du lit de fortune et de la chemise de nuit de lin brut de sa compagne joyeuse en comparaison de cette douleur lointaine, inaccessible de Lewisham, comme il voit un lien entre “Voyage au centre de la Terre” et “Au-dessous du volcan”. Pour lui les voyelles ne furent jamais que des ornements. Il suffit d’un carquois de flêches d’acier, d’un cable aux torsions d’acier et d’un trombone d’airin brisant l’air avec deux ou trois notes aigües. Il préfère les 200 mots de la déclaration d’indépendance américaine au 60 000 mots nécessaires à établir le détail du commerce des œufs de cane.

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Date1986
ContinentCosmologie Onuma Nemon
Mediatexte
Cote1109-1-11

Fabien Si Bien. Cols - Ligne des Enfants. Orphelins Colporteurs. Saison de la Terre

08 Juillet 2011
Fabien qui fait tout si bien s’était arrêté le matin au tout début de l’entraînement à cause d’une légère tendinite à la cheville droite, à peine une demie-heure passée. Il devait faire ce test sur les poumons et la gelée, pour vérifier au sommet du col si London avait vraiment raison, et si le tissu mort se détache ; ils étaient partis pour ça ; Élizabeth venait aussi d’une lignée de tuberculeux. Il ne voyait pas pourquoi il lui avait dit “Je t’aime”  au col de V. : il faisait frisquet, surtout au cou, dans l’ombre du col ! cela était sorti de sa bouche comme un éjaculat, malgré le peu d’exaltation cardiaque de leur entraînement suspendu ; sa maigreur, le froid lui semblaient avoir augmenté à cette déclaration, alors qu’il avait l’impression d’être un charbonnier qui se jette un sac noirâtre sur les épaules comme une écharpe, en lâchant ça, à présent avec une charge inutile sur les pentes, en descendant. C’était aussi désagréable que quelque chose qu’on ne parvient pas à réparer ; il y avait dans les monts d’alentour une odeur de pommes pourries.

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Date1976
ContinentCosmologie Onuma Nemon
Mediatexte
Cote1108-1-11

Un Sample pas Simple - Œuvre de Marc Giloux

01 Juillet 2011
Cette œuvre est de Marc Giloux, ami de l’autre côté des Alpes (Bologne) auquel on adressait un salut radiophonique à la fin de “Joyelle”, car c’est un homme qui vient de la photographie pour réaliser aujourd’hui un travail artistique protéiforme et cosmopolite qui passe entre autres par le son et la radio.
On se reportera entre autres à son site : la MG Gallery, disponible ici parmi les Liens.
NDLR
Date2011
DomaineDAO
Mediatexte
Cote1103-9-11

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