OGR

Bouillons du Dernier Cri - Livre Poétique de Nycéphore 1968-1984. Futur Antérieur. Poème n°15

08 Novembre 2007
15. Bouillons du dernier cri

La supposition est mince :
On voit clair !
À travers la barbe puante de poisson
Du moujik voleur de chevaux ;
Zinaïda la première.

Mille falots des exilés qui passent
Sur la grand’route de Sibérie,
Chaînes aux mains et aux pieds :
Promenade aux flambeaux des spectres.
Sur les côtés : cavaliers sabre au clair, révolver au poing.

Ombre.Cádiz. - Livre Poétique de Nycéphore. 1968-1984. Poème n°14.B.

05 Novembre 2007
B. Cádiz

Des deux côtés de la route modeste : aceituneros, gaditans.
Plus loin : le cantaor,
Trou frais du soleil dans la toile ;
Gammes de l’ombre, noisetiers.

Tremblante de lentejuelas de oro,
Sa voix de Málaga !

Plus de cortèges à travers les volets
Ni sur les terrasses,
Dès qu’il chante ;
Sucs du vent et chaos des restes.

Carrés de pins, lignes de craies,
Virgules d’encre sur les ciments, vers la mer.
L’aveugle de loterie cesse les secouades sèches de sa sébile
De fer blanc, sur le trottoir.

Ombre.Buenos-Aires. - Livre Poétique de Nycéphore 1968-1984. Poème n°14.A.

05 Novembre 2007
14. OMBRE
A. Buenos-Aires


Avenida San-José :
Escabullisada !
San Martín : froid précieux du houx vert ;
Et le givre, tel qu’après un long sommeil.

O Argentina, tu fus toujours passive
De l’autre côté de la frontière, espérant,
Ocaro !

Nous on habitait plus haut
Sur le Monte Cristo.
A Buenos-Aires,
Rouilles géantes et sublimes,
Tous mes membres tremblent de prose.

D’une lenteur ébouriffée,
Depuis que j’ai quitté les huches d’abeilles,
Je refoule mes petites peaux contre les ongles ;
Calle Domingo s’enfonce en Automne
Dans une nuit logique de nacre, épaisse,
Usure honnête des familles, les feuilles,
Les boues…
On quémandait devant les bains publics,
Chambres ouvertes,
Les mosaïques mauves,
Pour pouvoir sauter dans le tramway en partance
(Le globe-trotter est-il vraiment mort ?)

La Descente au Jardin - Livre Poétique de Nycéphore 1968-1984. Poème n°11

05 Novembre 2007
11. La Descente au Jardin

Allons ! Totalité frugale,
Premier jour !
Toutes brillantes des ondées du rêve,
Offertes dans l’urne du matin,
Devant,
S’envolent, claquent,
Les tourterelles !

On ne revient jamais aux mêmes endroits du jardin.
(Toujours j’y replonge !)
Tête envolée sous le figuier
De dahlias, couleurs et désordres…

(Là-bas
Quatre Pavillons
Quinze mois,
Dernier somme ;

Masse de boue devers l’École ;
Carte des tertres de hasard.)

Le tilleul, puis
La touffe d’arums, puis
Le ciel d’eau intangible et nue,
Plus noire que sapinière.

La Jeune Juive - Livre Poétique de Nycéphore 1968-1984. Futur Antérieur. Poème n°34

29 Août 2007
34. La Jeune Juive

L'Hiver, sucre lent qui fond, on erre, jusqu'à se taire,
Se terrer. L'air qui languit et qui tourne, c'est celui de
La jeune juive
Au-dessus des sombres nations, au fond de la vallée de la Ruhr.

« Oh ! Toute cette chute d'hosties vives dans la bouche, ce sont
Les gateaux de mon père pour les Pâques,
Les vitraux froids par endroits de l'Évangéliste
Mais d'une telle grâce !

Pages