Onuma Nemon

OGR

Biblio - Poème 0 du Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984

03 Mars 2009
0. Biblio

A. Jourdain
(détruit par le cousin “Néné”, sauf ce lambeau ; bagarre.)

Mathias, la rue du Porc, le gourdin à la main,
En 3837, pour le matin ;
L’aube rosit le fleuve et la robe Epiphane,
Tandis qu’à leurs sabots par la rue Traversane,
Les pires de chez nous: Jean, Norbert, Manolo,
Se rendent aussitôt livrés à leur goulot,
Tressant cette Entreprise embrayant des barquettes
Où traînent des boulons trop gras pour les liquettes
Pendant que le Grand-Prêtre avec sa tiare d’Or
Remontait la Garonne et descendait au Port.
Mais on le pèlera de sa pourpre en nos Douves,
Puis on en traînera dans la Ville-qu’on-pave
Sa lame d’or gravée d’un “Sancto Domino”,
Quand l’Equateur n’est plus qu’un ridicule anneau!
Jusqu’aux Abattoirs bleus du Dimanche en soirée,
Le carreau non lavé titrant ses diarrhées.
La pâleur de ses traits, sa tristesse, qui, mieux
Qu’un suaire le cerne, os débile et piteux,
Les Machabbées et les Momies s’en entrechoquent,
Bandeau d’horreur à sa vue noirâtre et ses cloques.
Armes broyantes d’or, du bouclier ouvert
De plaies délicieusement crues ! devant l’Enfer.
Enfin la Toute-Puissance avant les feux, l’âtre !
(“O l’hostie salutaire oblongue et bien douceâtre !”
Son coeur soudain surpris et creux par toutes gouttes
Qui tombent des forêts tant qu’il court sous leurs voûtes.)

Date1964
ContinentOGR
Mediatexte
Cote663-4-11

Roman - Tome Romanesque de Nycéphore

29 Juin 2008
On pourra lire ici le premier chapitre d’un des deux seuls Romans de la Cosmologie Onuma Nemon. L’autre, au titre imprononçable (“Phœnyx, Styx, X”), de 1969, fait partie du Tome de Nicolaï.
Il s’agit bien sûr d’un faux roman familial, mais dont les personnages, ces sortes de “Grosses Têtes” allaient donner naissance à une partie des Tribus de la cosmologie.
Dans le texte sur le Roman publié sur le site de “La Main de Singe”, Onuma Nemon présente les trois moments de la décomposition romanesque dans son travail. Le deuxième temps est celui de sa maladie et de son éparpillement : “Tuberculose du Roman”, recueil de nouvelles de 1972. Puis enfin “Je suis le Roman Mort” de 1991 qui se trouve aujourd’hui dans le premier temps du Chaos des “États du Monde” (condensation définitive de la cosmologie).
À l’origine il y avait eu le projet de composer un volume en regroupant ces trois temps. On lira la raison du choix de “Roman” seul dans “Paroles d’Auteur” du site des éditions Verticales ; on y trouvera également quelques explications quant à l’importance du parcours géographique dans Bordeaux.

“Roman” et “Tuberculose du Roman” ont été diffusés en “livraisons” par Tristram dans les années 90.
Avant cela en 1969-1970 il avait été unanimement refusé par tous les éditeurs auxquels il avait été adressé : de Gallimard à Minuit en passant par Bourgois et bien d’autres.
Isabelle Revay


1. Je suis né peu après la deuxième guerre mondiale dans le quartier Saint-Michel de Bordeaux surnommé “La Flèche”, où la plupart de ceux qui n’avaient pas été exterminés par les bombes furent décimés, en particulier les enfants, par la famine, la tuberculose et le joyeux bataillon des maladies exotiques, depuis la malaria jusqu’à la “grippe espagnole”.
Avec mon père, qui était devenu vernisseur au tampon faute de mieux, nous franchissions tous les petits quartiers et villages dans l’Amilcar à la recherche de travail : Saint Michel, Saint-André, Saint-Benoît, Saint-Nicolas, Saint-Bruno, Saint-Augustin ou Saint-Jean d’Yllac... Nous n’eûmes cette Amilcar qu’à la naissance de Didier, grâce à une invraisemblable générosité de l’abuelo (que notre haine surnommait l’Autre), qui pensait qu’on ne pouvait pas transporter un nourrisson sur la charrette à bras ; il garda dès lors cette dernière pour les seules livraisons en ville, et sur les pavés, ou aux alentours immédiats, mais ne proposa pas pour autant de nous réintégrer dans la maison familiale d’où le mariage de mes parents les avait chassés.
La recherche était souvent longue, et il finissait par faire froid sinistrement, dans la voiture ; nous nous arrêtions régulièrement dans la descente du bief de Bourran, avant le pont, chez des Ferrailleurs Gitans, que mon père connaissait, et qui lui indiquaient parfois des adresses de brocanteurs où il y avait des tables à revernir, des buffets à refaire, des portes à plaquer. Le chef de cette tribu avait acquis une réputation d’Hercule, le grand jour où il avait éjecté en désordre sur la rue cinq gendarmes à la fois venus inspecter son vieux camion gondolé !

Date1968
ContinentOGR
Mediatexte
Cote538-4-11

Thérèze - Livre de Nicolaï

18 Mai 2008
Ce dessin figure dans OGR (version maigre) paru chez Tristram en 1999. Une édition améliorée en sera bientôt disponible sur ce site.
Thérèze
Date1980
ContinentOGR
Mediadessin et gravure
Cote514-4-13

Carte-Insecte - Encre de Chine. Format raisin

19 Avril 2008
Carte-Insecte
Date1982
ContinentOGR
Mediadessin et gravure
Cote481-4-13

Lœss - Livre Poétique de Nicolaï 1968-1984. Poème n°14

02 Mars 2008
14. Lœss
A.


D’abord Damme !
Apothéose ! D’houles fleurs
Fourrant matines brugeoises crayeuses !
J’étais gisant, paupières lourdes
D’égrènements d’ifs dans le fond.

En sortant du tableau,
Me voici vain tissu :
Roses bourguignonnes du Quint,
Inbroglios cœruléens
Filant des cordes funambules.

Oranges bleuies, bouquets d’eau grasse,
Croix
Et candélabres d’argent,
Partout
Explosions farouches de lilas morts.
DateFin 1969
ContinentOGR
Mediatexte
Cote465-4-11

Rosa - Nouvelles Irrépressibles. Livre de Nycéphore

02 Février 2008
J’essaie d’attirer à moi une fille toute en rose : Rosa. D’autres sont collantes ; elle n’en a pas : je le sens sous l’index.
Horreur ! Les vêtements sont jetés dans de grands containers tandis que les objets personels des victimes sont amassés pour être triés, et on a du mal à convaincre les familles de quitter les lieux. Voilà très peu de temps il y avait encore de grosses rafales de neige à gros flocons par ces montagnes sur les bons gros autobus jaunes et les bulls. On aurait aimé vivre sous la terre où le soleil ne brille jamais et où dedans les maisons on replie les papiers de Noël aux mille reflets.
Malgré cela la petite Rosa me fait chanter. Ciel bleu, la merde au cul, crotte au ras embouchée. Signes frais sur les joues, maux intestinaux, logorrhée : toute cette écriture “découverte” sur elle ! De la danse en “Sylvie des forêts” elle a les salves, Rosa.
Date1980
ContinentOGR
Mediatexte
Cote439-4-11

Studebacker et Les Archaïsmes - Carte n°5. Annexe 1 & 2

13 Janvier 2008
Ce texte est explicatif des tensions et des archaïsmes à l’œuvre dans le continent OGR de la Cosmologie et de la façon dont ces archaïsmes ont subsisté à la façon d'un enkystement.


Les archaïsmes de forme (alexandrins ou octosyllabes dans la première partie du “Tome Poétique”, construction romanesque traditionnelle de “Roman” et de “Phényx, Styx, X”), ne doivent pas être traités aujourd’hui à la façon du mensonge post-moderne. Il n’y a jamais eu, il n’y aura jamais de dépassement des nouvelles formes par les anciennes.
Du reste les formes dont il est question ici, ont été abandonnées par l’Auteur, comme les vieilles peaux des mues successives.
La particularité tient seulement à ceci que l’abandon a pris sans doute plus de temps que chez d’autres, et surtout que ces vieilles enveloppes ont continué parfois à insister en même temps que de plus “modernes” avaient vu le jour (par exemple certains poèmes de 1964 ou 1965 sont traités en vers libres, tandis que d’autres reprennent des formes traditionnelles ; plus rarement, mais cela a lieu aussi, les deux sortes de formes coexistent dans le même texte).
Autre particularité : elles ont subsisté alors que “l’environnement” de l’Auteur (radiophonie, contacts, spectacles, évènements) s’exprimait tout à fait autrement, comme un enkystement (à la façon du B.K. de la Tuberculose).
Cet enkystement avait sûrement à voir avec la présence du frère inclu en soi, persistant et saignant parfois à la façon d’une maladie dans le temps, d’une affection du Temps. Mais il ne s’y réduit pas.
Date1997
ContinentOGR
Mediatexte
Cote432-4-11

Description d’un couple correct - Livre Poétique de Nicolaï. 1964-68. Poème n°23

25 Novembre 2007
23. Description d’un couple correct

Jo ! Tout en paillons, le nez bleu, les pieds gelés,
Où s’en va-t’il donc désodésarticulé
Qui déploie son chocolat si beau de barrière ?
Vois-le s’enflant, envahir partout du derrière !
Qu’on regarde, violent et clair, surpris et dur,
Le beau récit, extrait puant de béton pur
Fourmillant vert, mousse d’esprit rêvée, d’idées
Qu’il fait, se dégageant par blocs et non ridées !
Enfin d’accroupissure, écarlate son Ouf !
Et puis s’assoit dessus de prose, comme un pouf.
Date1965
ContinentOGR
Mediatexte
Cote325-4-11

Journal des Adolescents du 7 au 12 juin - Anus & Salades

15 Novembre 2007
Anus & Salades

Ces extraits font partie d’un texte de plus de 800 pages intitulé L’Année des Adolescents ou Les Sciences du Jour dont une partie a déjà été diffusée par DAO voilà plusieurs années et dont une autre partie a été intégrée au recueil nommé Ivre des Morts.
Il consiste dans l’emploi du temps de plusieurs couples d’adolescents sur toute une année, adolescents dont certains sont de “purs adolescents” (n’ayant eu aucune enfance) tandis que d’autres font partie des Escholiers Primaires ou Moins-Que-Rien et d’autres encore des Orphelins Colporteurs.
Tout cela relevant de La Ligne des Adolescents dans “Les États du Monde”.
Les couples sont Énide et Erec, Zinaïda et Nicolas, Joyelle et Hill, Lydou et Jean, Ramona et Nicolaï et Nathalie et Nycéphore.
Nous publions ces extraits dans la mise en page de l’auteur.
Les extraits choisis l’ont été parmi ceux qui étaient colorés en rouge sur la maquette, c’est-à-dire en l’occurence destinés à la publication ; les autres, restés en noir, font partie des Épanchements.
Il n’y a pas de date de composition mais cela est forcément antérieur à 1984.
Isabelle Revay.
Dateavant 1984
ContinentOGR
Mediatexte
Cote7-4-11

Ligne des Adolescents. - 1967. Dits d'Elles

15 Novembre 2007
(Zinaïda) Alors il pleut beaucoup ; beaucoup de vent, un vent chaud. Le matin Nicolas me porte une jacynthe blanche. C’est Nicolas qui a eu l’idée d’une roulotte de théâtre à travers la France. Nany c’est plutôt le Moulin. Peut-être que nous fuirons dans le Nord comme Prosper ! C’est une idée d’Henri. L’anatomie du Parc Bordelais est très belle sous le soleil. Antón et Nicolaï arrachent des pancartes sur tout le trajet. Il dit qu’il ne sait pas même où il va ! Il pense sans cesse à son roman.
(Aube) Samedi matin il pleut, je couds, je lis des poèmes. Le repas a été assez peu supportable ches les cousins Artaud, à cause de Jacquie, de leurs grands-parents, d’Annie et surtout de cet abruti de Bambi, un de leurs copains ! Ils ne savent toujours pas qui a tiré des coups de fusils dans la vitrine l’autre nuit ; les gendarmes ne leur ont rien dit. En modelage statuaire il me donne une jonquille. Il m’a parlé de Lulu, la tante de Nycéphore qui était voyante et qui guérissait les “envies”. Il m’a donné un poème sur elle de Nycéphore.
(Lydou) Toujours tous les jardins à pieds, sans cesse, malgré sa fatigue. Ensuite nous allons tous deux chacun chez notre docteur ! (Il tousse encore beaucoup !) Le docteur nous parle d’un de ses collègues un peu fou, près de l’église Saint-Augustin, qui cherche à créer un cerveau infini : ça intrigue Jean. Sans cesse, allers et retours : Le Styx, les Abattoirs, la Cathédrale, le Jardin Public. Il parle de “L’Homme au crâne rasé”, de “La Source”, de “La Fin”.
(Aube) On pose pour des croquis habillés les uns les autres dans la salle de gravure ; il me fait la tête, mais il finit par me graver. Il veut repartir voir Nicolas à Paris ; j’insiste pour qu’il reste. Nous restons un moment accodés ensemble à la fenêtre de notre classe de fusain de l’an dernier, notre première année ! Il allait me dessiner lorsqu’il a soudain vu que je ne le choisissais pas pour modèle !
(Ramona) Il me souhaite ma fête avec un bouquet de violettes et un pot de sangria. Il boit énormément. Il complètement rompu avec sa famille ; il n’est pour ainsi dire jamais à Ste Monique. Nous n’allons pas au “Pétanque” ; il a su que je posais nue et ça l’a rendu furieux. Il fait beaucoup de vent le soir ; voilà deux jours il faisait beau sur les quais, le jour où l’inspecteur est venu.

DateNovembre 1968
ContinentOGR
Mediatexte
Cote211-4-11

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