OGR

Hypostase - Livre Poétique de Nycéphore. 1964-1984. Futur Antérieur. Poème n°15

Date du document : Décembre 1964

Publié le 17 Août 2009

15. Hypostase

Dans le cercueil d’Hypostasie
Des chérubins brillent de hargnes ;
Lambeau, je bruis de l’Allemagne
Et dépasse des hérésies.

D’où portes-tu cette oriflamme
Issue d’un mort qui croirait digne
(On guette au coude, on sort les lames !)
D’laisser l’Empire au fils d’un cygne ?

Nous livrons ici la deuxième page d’un long poème de l’Auteur, “Hypostase”, auquel fait pendant “Lueur” de Nicolaï.
I. Revay

Notre-Dame en brouillon - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984. Futur Antérieur

Date du document : 1964

Publié le 28 Juin 2009

Texte déjà publié en 1966, puis en 1991 dans le cadre d’un ouvrage consacré à J.-N.-A. Rimbaud.
I. Revay

14. Notre Dame en Brouillon


Ciel pâle où je descends, je passe, plus de fleurs,
Bas, au-delà de la Place Ducale, en boue
Je crois qu’on reste fort par les yeux, pas de joue ;
Ombre d’église d’or et d’eau crue, ses rumeurs

Vertes dans le barrage à l’embarras gastrique ;
Mais je reste debout, moi fumeur de sapin,
Pauvre hêtre aux durées croustillantes de trique,
Qui ne fait que mâcher sa tête dans son pain !

Voir ! Plutôt les constats. La voie ferrée. Dioscures,
Laissez-moi reposer doth dépend à l’esprit,
Malgré toi ! Son dos vient à plat que ces fumures
Dans une obscurité orangée de crédit !

Une tasse… - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984. Futur Antérieur

Date du document : 1964

Publié le 7 Juin 2009

9. Une tasse…

Une tasse nous tient ; rien de l’hellébore ;
Toute une après-midi assise à remâcher
Tant que la neige fond, contre le vieux clocher,
Qu’on est allé y quérir quelque cartilage.

Je me repose ainsi qu’un vieillard qui jugule
La machine à broyer le café des fumeurs ;
La neige tombe vite, et le soir cathédrale,
L’Absent de tous ses vœux dans le noir des humeurs

Saint-Michel - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1968. Texte n°5.

Date du document : 22 Mars 1964

Publié le 22 Mars 2009

5. Saint-Michel

Jean, Norbert, Manolo,
Le gourdin à la main
Sali dès le matin,
S’en vont à leur boulot.
Et la robe des ânes
Par la rue Traversane,
Au-dessus des barquettes
Couvre mal leur quiquette.
Il auront un peu d’or
Qui descend sur le port,
Le gras-double qu’on trouve
Sur la marché des Douves,
Un reste de guano
Et du churrizano,
Le cassoulet de Jules,
La saucisse d’Hercule,
Place du Maucaillou,
Du graillon barbaillou
De Sœur Marie-Thérèse
Dont ils baffrent les fraises,
Un tonneau de piquette,
Un lapin, la sanquette,
Et des frères Moga
Le pâté noir bien gras,
Une soupe à l’oignon
De chez Napoléon…

Biblio - Poème 0 du Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984

Date du document : 1964

Publié le 3 Mars 2009

0. Biblio

A. Jourdain
(détruit par le cousin “Néné”, sauf ce lambeau ; bagarre.)

Mathias, la rue du Porc, le gourdin à la main,
En 3837, pour le matin ;
L’aube rosit le fleuve et la robe Epiphane,
Tandis qu’à leurs sabots par la rue Traversane,
Les pires de chez nous: Jean, Norbert, Manolo,
Se rendent aussitôt livrés à leur goulot,
Tressant cette Entreprise embrayant des barquettes
Où traînent des boulons trop gras pour les liquettes
Pendant que le Grand-Prêtre avec sa tiare d’Or
Remontait la Garonne et descendait au Port.
Mais on le pèlera de sa pourpre en nos Douves,
Puis on en traînera dans la Ville-qu’on-pave
Sa lame d’or gravée d’un “Sancto Domino”,
Quand l’Equateur n’est plus qu’un ridicule anneau!
Jusqu’aux Abattoirs bleus du Dimanche en soirée,
Le carreau non lavé titrant ses diarrhées.
La pâleur de ses traits, sa tristesse, qui, mieux
Qu’un suaire le cerne, os débile et piteux,
Les Machabbées et les Momies s’en entrechoquent,
Bandeau d’horreur à sa vue noirâtre et ses cloques.
Armes broyantes d’or, du bouclier ouvert
De plaies délicieusement crues ! devant l’Enfer.
Enfin la Toute-Puissance avant les feux, l’âtre !
(“O l’hostie salutaire oblongue et bien douceâtre !”
Son coeur soudain surpris et creux par toutes gouttes
Qui tombent des forêts tant qu’il court sous leurs voûtes.)

Roman - Tome Romanesque de Nycéphore

Date du document : 1968

Publié le 29 Juin 2008

On pourra lire ici le premier chapitre d’un des deux seuls Romans de la Cosmologie Onuma Nemon. L’autre, au titre imprononçable (“Phœnyx, Styx, X”), de 1969, fait partie du Tome de Nicolaï.
Il s’agit bien sûr d’un faux roman familial, mais dont les personnages, ces sortes de “Grosses Têtes” allaient donner naissance à une partie des Tribus de la cosmologie.
Dans le texte sur le Roman publié sur le site de “La Main de Singe”, Onuma Nemon présente les trois moments de la décomposition romanesque dans son travail. Le deuxième temps est celui de sa maladie et de son éparpillement : “Tuberculose du Roman”, recueil de nouvelles de 1972. Puis enfin “Je suis le Roman Mort” de 1991 qui se trouve aujourd’hui dans le premier temps du Chaos des “États du Monde” (condensation définitive de la cosmologie).
À l’origine il y avait eu le projet de composer un volume en regroupant ces trois temps. On lira la raison du choix de “Roman” seul dans “Paroles d’Auteur” du site des éditions Verticales ; on y trouvera également quelques explications quant à l’importance du parcours géographique dans Bordeaux.

“Roman” et “Tuberculose du Roman” ont été diffusés en “livraisons” par Tristram dans les années 90.
Avant cela en 1969-1970 il avait été unanimement refusé par tous les éditeurs auxquels il avait été adressé : de Gallimard à Minuit en passant par Bourgois et bien d’autres.
Isabelle Revay


1. Je suis né peu après la deuxième guerre mondiale dans le quartier Saint-Michel de Bordeaux surnommé “La Flèche”, où la plupart de ceux qui n’avaient pas été exterminés par les bombes furent décimés, en particulier les enfants, par la famine, la tuberculose et le joyeux bataillon des maladies exotiques, depuis la malaria jusqu’à la “grippe espagnole”.
Avec mon père, qui était devenu vernisseur au tampon faute de mieux, nous franchissions tous les petits quartiers et villages dans l’Amilcar à la recherche de travail : Saint Michel, Saint-André, Saint-Benoît, Saint-Nicolas, Saint-Bruno, Saint-Augustin ou Saint-Jean d’Yllac... Nous n’eûmes cette Amilcar qu’à la naissance de Didier, grâce à une invraisemblable générosité de l’abuelo (que notre haine surnommait l’Autre), qui pensait qu’on ne pouvait pas transporter un nourrisson sur la charrette à bras ; il garda dès lors cette dernière pour les seules livraisons en ville, et sur les pavés, ou aux alentours immédiats, mais ne proposa pas pour autant de nous réintégrer dans la maison familiale d’où le mariage de mes parents les avait chassés.
La recherche était souvent longue, et il finissait par faire froid sinistrement, dans la voiture ; nous nous arrêtions régulièrement dans la descente du bief de Bourran, avant le pont, chez des Ferrailleurs Gitans, que mon père connaissait, et qui lui indiquaient parfois des adresses de brocanteurs où il y avait des tables à revernir, des buffets à refaire, des portes à plaquer. Le chef de cette tribu avait acquis une réputation d’Hercule, le grand jour où il avait éjecté en désordre sur la rue cinq gendarmes à la fois venus inspecter son vieux camion gondolé !

Thérèze - Livre de Nicolaï

Date du document : 1980

Publié le 18 Mai 2008

Ce dessin figure dans OGR (version maigre) paru chez Tristram en 1999. Une édition améliorée en sera bientôt disponible sur ce site.
Thérèze

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