OGR

René - Livre Poétique de Nycéphore. 1964-1984. Futur Antérieur. Poème n°23

Date du document : 1965

Publié le 15 Novembre 2009

Ce poème de 18 vers fait pendant chez Nicolaï au poème Description d’un couple correct, également de 18 vers.
I. R.

23. René


J’écris assis dans mon cercueil ; les morts vont vite !
Aux prés fleuris les Alpes du Bel Enfer.
Ressac et sursaut, et berceau, et sacre ;
Chaucer en route pour Canterbury.

La vie me sied mal ; la mort m’ira mieux,
Ganglions d’aisselle, prune murmurée ;
Les joies énormes dans les ombres secrètes ;
Mottes de terre de Caïn.

Écoles - Livre Poétique de Nycéphore. 1964-1984. Futur Antérieur. Poème n°21

Date du document : 1965

Publié le 15 Novembre 2009

21. Écoles !

O le temps laborieux, l’ombre de l’écriture
Mauve passée au blond futur des confitures !
Il avait son étoile et sa carte, et enfin :
Elle, au vent bleu devant la barrière en bois fin !
Si vous montez soudain l’escalier sous la voûte,
Vous meurtrit en plein front l’odeur du sang, les croûtes.
De loin on reconnait la trouée dans ses mains
(Il éprouve un défaut de langue, c’est certain.) ;
Donnez-lui à baffrer la pisse sur du pain !

Intermède CH 2 - Tuberculose du Roman

Date du document : 1972

Publié le 13 Octobre 2009

Ce texte a été repris dans la partie Schola de l’Ourcq des États du Monde (Ligne des Escholiers Primaires. Ligne de Didier. Saison de la Terre. )

« Et toi, qu’est-ce que tu crois qu’il fait là-dedans ? dit Smilet.
— Est-cccccccccccccccce que j’chsais ! » dit CH.
John continuait à marcher en avant-garde, et CH et Smilet étaient restés à l’arrière, à discuter.
« Qu’est-ce que tu crois qu’c’est, cette volonté de couper à travers prés?
— .... ....
— C’t’une métaphysique du crime. On peut le suivre dans son mouvement, c’est tout. C’est pas à cause de John que tout est dans la colle. Il est le seul à être vraiment dans le temps ! C’est une phrase courte qu’il scande dans sa marche sans le savoir. S’i s’arrêtait, j’suis même plus sûr qu’il existerait ! Gamin, il disparaissait dans le charbon des trains. I fait partie de la mécanique de nos bagnoles, tu vois ! À conduire sa Terraplane d’une main et à tirer de l’autre. Rien n’obligeait vraiment à ce qu’il soit là. Aucune Histoire des Etats traversés ne prédispose à ça ; il est passé tangent à chacun. C’est pour çà, qu’i veut qu’on aille de plus en plus vite.
— Ch’sais pas, moi, dit CH. Ch’suis plutôt du genre sensible !

Intermède CH - Tuberculose du Roman

Date du document : 1972

Publié le 13 Octobre 2009

Ce texte a été repris dans la partie Schola de l’Ourcq des États du Monde (Ligne des Escholiers Primaires. Ligne de Didier. Saison de la Terre. )

« On ne peut pas avancer comme ça sans progrès, dit John.
— Co-co-comment ça demande CH. ?
— Cent trente six moins cinquante-sept, soixante dix-neuf. (Elle avait déjà pillé deux banques). Comme un enfant de sept ans. Ça va pour les curés, pas pour nous ; c’est le jugement, qui compte.
— On pouvait pas partir d’ailleurs que du milieu du pré, dit L., puisqu’on y était ; ni aboutir autre part qu’ici. Pour se repérer jusqu’au bord du lac, ensuite, ça, c’est une autre histoire !…
— Co-co-comment ça i s’appelait, le gars ?
— Manvantara, un truc comme ça. Leurs familles, c’est d’un compliqué !
— Si vous m’aviez laissé tirer un peu du lait de cette vache, au moins ! »
[………………………]

Gravures - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984 Poème n°16 (extrait)

Date du document : 4 janvier 1965

Publié le 8 Octobre 2009

Ce texte, comme tous ceux des Livres Poétiques font partie des Livraisons réalisées par Tristram & Dao dans les années 1990.
I. Revay

A. Prés
[…………………………………]
                      *
Ils sont sortis des trous d’orage,
Sanglants de crimes furieux
Sur les verts prés hantés de rage
Et grouillants de vers jusqu’aux cieux.

Les chemins sont pleins de grouillis,
De grouillements de plantations ;
Des espèces dans le brouillis
Naissent par les exaltations.

Hypostase - Livre Poétique de Nycéphore. 1964-1984. Futur Antérieur. Poème n°15

Date du document : Décembre 1964

Publié le 17 Août 2009

15. Hypostase

Dans le cercueil d’Hypostasie
Des chérubins brillent de hargnes ;
Lambeau, je bruis de l’Allemagne
Et dépasse des hérésies.

D’où portes-tu cette oriflamme
Issue d’un mort qui croirait digne
(On guette au coude, on sort les lames !)
D’laisser l’Empire au fils d’un cygne ?

Nous livrons ici la deuxième page d’un long poème de l’Auteur, “Hypostase”, auquel fait pendant “Lueur” de Nicolaï.
I. Revay

Notre-Dame en brouillon - Livre Poétique de Nycéphore 1964-1984. Futur Antérieur

Date du document : 1964

Publié le 28 Juin 2009

Texte déjà publié en 1966, puis en 1991 dans le cadre d’un ouvrage consacré à J.-N.-A. Rimbaud.
I. Revay

14. Notre Dame en Brouillon


Ciel pâle où je descends, je passe, plus de fleurs,
Bas, au-delà de la Place Ducale, en boue
Je crois qu’on reste fort par les yeux, pas de joue ;
Ombre d’église d’or et d’eau crue, ses rumeurs

Vertes dans le barrage à l’embarras gastrique ;
Mais je reste debout, moi fumeur de sapin,
Pauvre hêtre aux durées croustillantes de trique,
Qui ne fait que mâcher sa tête dans son pain !

Voir ! Plutôt les constats. La voie ferrée. Dioscures,
Laissez-moi reposer doth dépend à l’esprit,
Malgré toi ! Son dos vient à plat que ces fumures
Dans une obscurité orangée de crédit !

Pages