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Lai à Joëlle - Livre Poétique de Nicolaï

Date du document : 1978

Publié le 5 Avril 2018

28. Lai à Joëlle

Voici le cher palais de la femme élue,
Le riche amour offert dans sa couche ;
Elle, qui frichement têtue
Du terrier d’inconfort m’arrache.

La forêt offre aux farouches
Les cauchemars de l’Occident.
Quant aux artistes : ils tuent, au fond,
Mais c’est de la petite bière.

Je vivais là, moi qui chancelle,
Et celui qui hésite se perd.
J’ai détesté la mort,
Aussi bien la vie et ma mère…
Les autres étaient des imbéciles.

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Géographie - Livre Poétique de Nicolaï

Date du document : Février 1979

Publié le 29 Mars 2018

32. Géographie

“Ainsi s’unissent astres et planètes, Fogazarro, 

Non par le corps, mais par la lumière ; ainsi

Les palmiers non par la racine mais le feuillage.

Voici nos noms sortis des forêts, sentant le fauve.”

 

« Au milieu des lions te voilà ! C’est toi qui descends,

T’assieds tranquille ! » disait le maître de Géographie,

Tendant sa cannevelle immense sertissant la craie

Vers la carte, à propos de la Louve.

 

Lutte avec l’Archange, chastes récits vivants !
Plus qu’aucun autre, “çui des images”
Passant à travers philtres le moindre zéphyr lu
(Un élève du Sodoma : Ricciarelli, dit
Le Braguetteur.)

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Loups ! - Livre Poétique de Nicolaï

Date du document : 1979

Publié le 25 Février 2018

31. Loups !
(La laisse deleatur)

Lézard et Serpent d’abord ;
L’orage au ciel, la rage au sol
Sur Marie Gay, défigurée
Sous la lune, en prairie fraîchie de six heures,
Et frise des bois glacés.

C’est du cirque où marche un ours
Chocolant ventre d’un an, de Limoges,
Que les montreurs de ménagerie
Ont lâché une louve enragée, bavante.
« Empeste au diable, ch’tit chien noir ! »

Neuf jours badés, neuf jours barrés,
Neuf jours de chair, neuf nuits de sang,
Loups renaissant parmi les failles,
Trois mois sur l’herbe et trois sur vent,
Ayant réduit enfant en bouillie pour croire,

Pour surgir. Cachés en ronces et faits de bords,
Eux, enhardis d’impunités en leurs aziles,
Dépècent dans l’Initiation d’autres viandes ;
Et les fleurs blanches dont abonde
Le ciel défait, vibrent à leurs dents d’acacias.

Pièges au Nord, pendaisons au Sud.
Ouvre le hasard du tonnerre urgissant,
Bergère, forge angoissante, rougissant noir,
Préface de chair pour ta figue
Et tafigure, ta gorge ;
Le tombeau de peur sous tes reins !


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Au Large ! - Livre Poétique de Nycéphore

Date du document : 1979

Publié le 25 Février 2018

31. Au large !

A. Le Vent de Mi-Février
Grâce au Ciel, les sauvages n’ont ni pensées ni désirs,
Seulement des Actes.
Rien d’acide.
Sainte Thérèse les aide, pour cela ; et Saint Jean de la Croix,
Saint Thomas, dont on voit les traces à travers la jungle,
Et le vénérable Augustin !

  1. *

Où donc est ce Pays de Papes et de Porcs, de tourbières et de poivrots ?

Gelsomina, dis-moi le fouillis des phrases arrachées,
Hirondelle enfin, dans le mimosa du silence,
O pauvre vieille Kathleen Ni Houlian !

Dis-moi l’essaim désordonné des étourneaux dans le ciel aux glacis faïencés de février,
La beauté des miroirs paraboliques pour la danse folle des particules !

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La Clinique Béthanie - Livre Poétique de Nicolaï

Date du document : 1968

Publié le 6 Novembre 2017

18. La Clinique Béthanie

Plus rien qu’un tournoi sur
Une perspective abîmée ;
Têtes coupées, matinées d’or.

Cresson, canailles, confusion ;
La guerre qui du moins nous sauve
Ne fait plus aucun prisonnier.

Salves de l’écho sur les monts,
Esclandres, hoquets oniriques :
Nous voilà soumis aux gloutons,

Aux dévoreuses de bonbons.
Sous de la corne, sur de la soie,
L’Enfance est ressucitée grêle !

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La Clinique Béthanie et Le Pavillon Toussaint, bien qu'écrits à un an de différence (1967 et 1968), se répondent d'un Livre Poétique à l'autre des deux frères.

NDLR

Le Pavillon Toussaint - Livre Poétique de Nycéphore

Date du document : 1968

Publié le 6 Novembre 2017

               18. Le Pavillon Toussaint

« Ces raseurs aux fifres, aux cuivres, ce dimanche
Quels genoux d’acajou, musique pour chevaux
De bois ! Alors que je trimais dans la source
Au lavoir (simplement ne plus rien voir, par la fenêtre),
Hébétude au-delà des pluies, des gouttes, des pendeloques ;
Derrière un masque d’ours s’en viennent les chasseurs.

La splendeur d’or que les sous-bois !
Ces cavernes dans le feuillage
Par endroits vineuses, un peu rousses à d’autrefois ;
Rien du déchet dans une litanie.
« Es-tu là, Fernande la Grosse ?
— Je suis au fond de mon lit, Nany ! »

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Pan ! - Histoire Deux. Livre de Nycéphore. Antiquité

Date du document : 1976-1982

Publié le 3 Mai 2017

Histoire Deux, qui est la vision de différentes époques de l'Histoire (Antiquité, Moyen-Âge, Révolution, etc.) telle que peut la construire un écolier primaire, comprend de petits récits échelonnés de 1976 à 1982.

Pan, c’est Tout, trous de multiples flûtes (au minimum sept tuyaux !) grâce à Syrinx l’Évanouie, vers le littoral d’où les asphodèles sont des modèles nus ; Océanies et Asies non disparues !
Et il faut se souvenir de cette belle phrase enchantée d’un paysage, se souvenir de cette belle phrase offerte oubliée au bas d’un visage !
“PAN ! Toute Écriture Astarté amenée dans le secret.
Flore, poursuivie grâce aux vents légers, depuis Saint-Bruno, porte entr’ouverte du temple en sa faveur, & depuis Elle je jouis d’un Printemps Perpétuel ! PAN ! Flore, gorge de lait, prend du satin pour feuilles, et du taffetas, de la baptiste, du crêpe anelet et de la gaze pour les pétales. PAN !

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La Nappe - Histoire Deux. Livre de Nycéphore

Date du document : 1976-1982

Publié le 1 Mai 2017

La Nappe

La Nappe, voilà comment j’imagine le début du monde, avant tout nom. Mais ce connard de traquenard n’en a rien à faire, ni cette vielle pute de machine à écrire Adler, réincarnation de Chancel comme Duras l’est de Sagan, celle qu’on appelait la Thénardier avec son Jules à la mie de pain, poète à trous multiples : j’ai jamais vu Cosette, mais je connais Valjean. Ou du moins si, je comprends ce nom, c’est parce qu’ils n’arrêtaient pas de faire causette. Une niaise causette sans effet aucun.
« Docteur ! Docteur ! Je m’excuse : vous voulez bien m’acheter des mensuelles ? C’est là que j’écris mon journal. »

La Nappe, mais prise dans un mouvement… pas du tout le lac de la Tranquilité. Ça non, alors. Ça serait une tout autre hypothèse. La nuit, on réfléchit.

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La Longue Laisse (extrait) - Ulittle Nemo

Date du document : Après 1984

Publié le 17 Janvier 2017

Ulittle Nemo

Enfin une saison !

Ça faisait longtemps !

Saluons-la !

Printemps, vacarme des pins,

Champignons, bois morts, feuilles brunes.

A l’éclat de midi chanterelles orangées dans les hautes herbes vertes ;

Une autre fois les cèpes rouges surgissent au petit jour ; 

Espèce à ses pas que l’autre rate.

 

Le vrai plaisir de la descente du dos dans le lit,

D’un vert étrange : foncé, bouteille ;

Lassitude infinie alors que les enfants sont partis à l’École.

 

Même à vingt ans elle a tenu son gros ours embrassé contre elle,

Et l’autre ours noir mélancolique

Songe au fils dans le pays lointain.

La Voix, la Voix seule connaît cela que l’écriture et la parole ignorent,

La Voix vive, éternité de passage,

La seule aussi rapide que la vue,

Mais que la pensée précède.

 

Et malgré le rêve infiniment plus rapide encore,

Sur le côté j’ai vu à la frontière de la saison

Des gens ordinaires aux tenues de couleurs diverses

(Souvent de simples chemises),

Dans un geste rudimentaire,

Simplement .

 

Issa - Histoire Deux. Ncéphore

Publié le 7 Janvier 2017

 

 

Issa

Dans ce quartier plus de sabbat ni de boue : des oiseaux !

La chose à gauche, la jambe à droite,

Aucune dignité de la chair,

La langue noire,

Et des passereaux vifs !

 

Nouvelle traversée du jardin Capitan

Et sa maison des oiseaux, en compagnie de Joseph,

Avec Husserl, le roi hylétique,

Arsène, qui trime comme graveur chez Leblanc.

Et l’enfant qui le heurte dans les Arènes tombe mort.

 

On paye pour la ménagerie :

Fauves trempant dans le lac d’urine,

Anges loukoum aux ailes de carton ;

Mille menues attractions en éclipses

Dont les pharisiens si terriblement bêtes.

 

Là-bas la Fille de la Commune, nue jusqu’à la chair,

Jambes coupées, le moyeu vide,

Sur le matelas de sommeil des lettres

En Grande Truanderie.

 

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Issa fait partie du prologue poétique du recueil de nouvelles et petits récits Histoire Deux.

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