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Amélie Derlon

Date du document : Octobre 2009

Publié le 1 Août 2010

Il y a une nonchalance dans la vidéo, celle qui sans doute exaspère lorsqu’elle devient maniérisme, mais il y a surtout comme le tapis du temps qu’elle retire sous le pas des acteurs, comme pour passer de l’existence à l’essence, comme pour creuser ce qui d’habitude ne jouit que dans son emportement.
Le cinéma c’est l’art du mouvement, l’émotion première du saisissement de la vie en fuite, avec les fabuleux débuts de la chronophotographie, la vie même en train de naître sur la pellicule grâce à ce spasme, cette saccade de la griffe, diastole et systole, obturation et lumière. Au contraire, dans son lisse non fractionné, la vidéo creuse le temps, l’évide, pouvant tomber tout aussi bien dans la nuit et dans la vacuité. L’acteur est sur un tapis roulant : il court sur place.

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Commentaire de plusieurs œuvres d’une jeune artiste de Marseille, entre autres vidéaste, qui a travaillé avec Didier Morin.
Publication : Amélie Derlon

Des radis de Bègles à la Rosière de Pessac - Freud. Introduction à la psychanalyse

Date du document : 1916. Traduction française S. Jankélévitch. 1922

Publié le 27 Juillet 2010

Et de Cendrars, dans L'Homme Foudroyé :
(à propos des surréalistes)
“Je n'aimais pas ces jeunes gens que je traitais d’affreux fils de famille à l’esprit bourgeois, donc arrivistes jusque dans leurs plus folles manifestations.”
(à propos de Charles-Albert Cingria et par extension de Gide)
“Ah ! Ces pédérastes (1), le pauvre et génial raté !”
(1) “Pour la définition de ce terme voir les pages 671 et 672 du Journal d’André Gide (Bibliothèque de la Pléïade. N.R.F. Paris 1941). Oh ! Chochote, que de mensonges, de complaisances, de clichés, d’hypocrisies, de crises de nerfs, de vantardises, de poses, de vanités, de larmes de crocodile, d’esthétisme, d’art, de morale dans ce journal intéressé tenu par un hystérique qui écrit devant son miroir : « Chaque pensée prend un air de souci dans ma cervelle ; je deviens cette chose laide : un homme affairé. » (page 195).
Je sors ahuri de cette lecture de 1332 pages comme si j’avais relevé les inscriptions de 1332 pissotières de Paris que sont les chapelles littéraires. André Gide : le maquereau des grands hommes. Il lui faut tout le Panthéon : Goethe, Shakespeare, Dostoïevsky, Stendhal l’Égotiste et l’exemple du Journal des Goncourt pour le mettre en train ; mais quand il y est, il enfilerait le piano, et vous le place. Quel maniaque !”
Geneviève Vivian
Des radis de Bègles à la Rosière de Pessac

Il ne sait plus danser… & Réminiscences - Extraits de Paliers de Régis Nivelle

Date du document : 2008

Publié le 22 Janvier 2010



Il ne sait plus danser
Mais s’il entreprend de s’y essayer alors
C’est un emportement que les enfants seuls
Apprécient parce qu’intuitivement ils savent
La terreur qui l’anime  

Donc, ne pas condescendre
En d’obscènes & Volontaires allers-retours
Jamais

Succomber aux crépitements de l’attente
Mais n’attendre
Aucun visage que ceux rapinés 
Même si quelques femmes (peu)
Surent le contenir
Bouches épousant sa tristesse de fou

Mais il n’y eut pas de bouche anonyme
Sans l’aigreur des chemisiers
Dans la hâte d’y fouir le pur don 

Lorsque le fond ne doit plus apparaître
Que pour révéler
L’hypnose l’emporte au détail près
& rien de la petite chose ne peut plus échapper

Sur le bord se tient la fleur, la faille écrite
Minuscule & essentielle
Que la pierre adresse & souffle

Il est prêt

etc.



(Illustration Tuchê 3 : pastel et encre de chine sur papier machine déchiré.)

Il ne sait plus danser… & Réminiscences

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