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D'après “Discipline” de Throbbing Gristle - Vidéo originale d’Amélie Derlon Cordina

Date du document : 2010

Publié le 5 Septembre 2011

15’30’’

Notes :

En automne, dans un paysage sylvestre isolé, un cycliste enveloppé par cette nature, la
traverse, la gravie et redescend, on le suit jusqu'à le perdre.

C’est le partial et imparfait portrait d’un homme-à-vélo dont on ne sait pas où il va, ni d’où
il vient, comme continuellement entre un point A et un point B. Il pourrait être un natif de
Tlön ("Ficciones" de Borges), sans futur ni passé, juste continûment dans un présent. Nous
le prenons en cours de route, le suivrons, puis dans la descente nous le laisserons et lui
nous sèmera.

Ce film naît de THROBBING GRISTLE, de leur morceau « Discipline »* filmé au Kezar
pavillon à San Francisco, en 1981. Genesis Breyer P’Orridge envisagé comme un «demi-
sage» : sa dévotion pour le « I want discipline » qu’il use. Mon film est une libre
interprétation de ce moment, faisant de cette transe une tentative de sport à haut niveau.
Pour un cyclisme aux acharnés héros : Jewey Jacobs ("Le Surmâle" d’Alfred Jarry), le
Chronos (Maurice Roche) ou les échappées de « Sunday hell » (Jorgen Leth).

Amelie Derlon Cordina

Pour ceux que ce travail intéresse ou passionne, la première projection de Mange tes morts de Amélie Derlon Cordina (film vidéo le plus récent, et postérieur à Discipline), aura lieu dans le cadre de l’exposition collective :

To Hug a Snake
Exposition en résonance avec la 11ème Biennale de Lyon.
du 10 septembre au 15 octobre 2011
Vernissage vendredi 9 septembre à partir de 18h30
Subsistances, 8 bis quai St Vincent, 69001 LYON. 

Les rubans et la Croix - Texte de Joël Roussiez

Date du document : 2011

Publié le 1 Août 2011

Une barque se dandine sur le lac tranquille, de petites vagues cognent sa coque solide qui glisse contre le quai de bois et les roseaux. Son havre est étroit mais agréable, la berge est douce, couverte d'herbe verte en pente légère jusqu'au seuil d'une jolie chaumière de pierres. Des bouquets de roses surgissent dans le feuillage épais et sombre des rosiers rustiques; on entend le chant d'une flûte picolo et dans l'âtre brûle un bon feu; si la journée est belle, resplendissante même, le matin reste froid car nous sommes au printemps. Le printemps au bord du lac perd très lentement la fraîcheur de l'hiver mais l'automne résiste et garde longtemps les chaleurs de l'été. « Quand l'automne sera là, je ne serai plus là », une jeune fille le chantonne, sa sœur joue de la flûte; allongée sur le lit, elle accompagne les paroles joyeuses. Une soupe légère mijote, la mère repasse une ceinture de dentelle, ensuite il faudra faire le chemisier, « ma fille se marie avec sa chemise de lin ! », et puis « pom-pom-pom ! » rentre le tonton, « j'apporte le jasmin et les fleurs d'oranger », « pose-les ici » et voilà qu'il s'assoit. Oui, il prendra bien un bol de café, ça fait une tirée du château jusqu'ici... La flûte joue doucement avec un peu de précipitation, c'est la mélodie des amants qui dit: si tu me quittes alors je meurs et si tu restes, je vais mourir sur l'heure...

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Un Sample pas Simple - Œuvre de Marc Giloux

Date du document : 2011

Publié le 1 Juillet 2011

Cette œuvre est de Marc Giloux, ami de l’autre côté des Alpes (Bologne) auquel on adressait un salut radiophonique à la fin de “Joyelle”, car c’est un homme qui vient de la photographie pour réaliser aujourd’hui un travail artistique protéiforme et cosmopolite qui passe entre autres par le son et la radio.
On se reportera entre autres à son site : la MG Gallery, disponible ici parmi les Liens.
NDLR

L’âme du visage - Texte de Joël Roussiez

Date du document : 2011

Publié le 17 Juin 2011

Suite de ces petits textes comme fragments d’Éternité, dont Roussiez a le secret.
O. N.

L'âme du visage

 

Nous passons l'éponge, effaçons ainsi ce qui s'est passé, du moins on veut le croire car sur nos visages se marquent imperceptiblement les émotions que nous vivons; sur ce tableau des impressions s'inscrivent donc les choses que nous avons vécues, non les choses matérielles mais en quelque sorte l'empreinte qu'elles laissent sur nous; et encore faudrait-il dire que passant par notre système émotif, elles lui donnent des impulsions qu'il transmet à notre peau ou grave, selon l'expression de Jean. Ceci expliquerait le vieillissement de ces dernières qui se rident tout doucement comme des parchemins... Pourquoi emprunter à l'extérieur l'état de nos cœurs, peut-être parce que nous ne sommes sûrs de rien, que nous ne souhaitons aussi rien exprimer de particulier, peut-être parce que nous ne sommes qu'une caisse qui résonne aux impulsions; en bref, nous déménageons ainsi sans cesse de nous-mêmes mais comme il est impossible de quitter nos corps, nous restons en surface, suspendus en quelque sorte entre deux lieux; c'est ainsi que la peau se fripe... L'explication des vieux était toujours amusante et le jeune Louis aimait bien les faire parler. C'est d'eux qu'il tenait ce qui semble avoir été un savoir profond « bien qu'au fond, disait-il, ce ne sont que des anecdotes »... Toute vie est transposée de sa caverne originelle vers un conteneur social, répétait le vieux Jean par exemple et Louis écoutait cela qui avait des résonances en lui mais lesquelles, on ne le sait pas. Pourquoi le vieux Jean portait-il le pantalon large des marins, ce qu'il n'avait jamais été, parce que, disait-il, le ventre du navire était sa patrie. « Je suis citoyen des pays de l'absence de gloire , je travaillais dans les soutes avec mes comparses mais ne va pas croire qu'on se sent protégé à l'intérieur de ces murailles et de ces forts, suivant l'expression qui désignait pour nous les machines et la salle de l'entreprise pour laquelle je travaillais qui fabriquait en acier des véhicules automoteur; ne va pas le croire ou t'imaginer qu'à l'heure du casse-croûte et dans l'agitation de la journée, une tranquillité s'installait dans nos cœurs comme celle du paysan qui travaille ses champs. Au contraire, Louis, il y avait dans notre fébrilité quelque chose de trop agité, on le sentait sans pourtant souhaiter suspendre l'activité de l'usine ou bien encore souhaiter partir de ce poste qui nous fermait cependant au dehors et au reste des entrepôts... » Le jeune Louis écoutait ces discours étranges qu'effaçaient les jours nouveaux sur le tableau des événements qu'on tenait à jour à la maison des informations.... C'était une bâtisse, dira-t-on, à trois volets de containers sur une longueur de cent cinquante trois mètres; elle était conçue pour être déplacée suivant les besoins, ainsi sa structure était faite de colonnes et traverses en carton pour être légère. Louis, pour parler aux gens des archives et des informations qui écoutaient avec plaisir ses enthousiasmes de jeune homme, s'y rendait plutôt vers la fin de la journée quand le travail ralentit...

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Le Barde Chante ce qu’il peut - Texte de Joël Roussiez

Date du document : 2011

Publié le 17 Juin 2011

Le barde chante ce qu'il peut

 

Nous placions nos dieux dans les angles de nos pièces afin qu'ils ne dérangent pas et veillent ainsi discrètement sur nos vies. On plaçait haut leurs figures afin qu'elles dominent la pièce entière, cacher nos gestes à nos dieux n'avait guère d'importance mais on souhaitait pouvoir se retourner sur eux et les apercevoir à tout instant. Nous n'avions pas de rituel par lesquels nos vies auraient pris les contours d'une routine douce et prévisible, nous n'attendions aucun retour du temps, ainsi nous fallait-il une présence constante et cependant discrète... Lors de nos voyages, on emportait leurs figures dans des boîtes dont une des parois manquait afin qu'on puisse les voir plus facilement; certaines boîtes avaient un petit système qui permettait à la figure de tourner et de  présenter ainsi tantôt sa face, tantôt son profil de manière analogue à celle qui paraissait à nos yeux dans les angles de nos pièces... Nos maisons n'étaient pas grandes mais on y ménageait de grandes ouvertures car il fallait que la nature y entrât le plus possible, sans cela ce qu'on craignait le plus, c'était l'enfermement.

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Ô chauds soupirs - Texte de Joël Roussiez

Date du document : 2011

Publié le 17 Juin 2011

Ô chauds soupirs! (Louise Labé)

J'entends à l'intérieur une bête qui grogne et secoue mon cœur sur toute la longueur de ma poitrine et je médite alors sur le temps court de ma vie. On peut être d'un autre avis et me trouver un temps à vivre long mais il me semble que j'approche de la fin et cette bête qui grogne bat le temps qu'il me reste. Elle ne grogne en effet que par à-coup mais assez régulièrement comme si..., comme si quoi? Me dis-je en me prenant les mains et secouant la tête, cela porte à méditer et cependant méditer sur quoi, quoi donc dans mon cœur bat et qui ou quoi grogne ou ronge sous les os du thorax? Qu'on me ronge les organes est une chose curieuse car je ne sens que peu de douleur et il m'est donc difficile d'imaginer un animal vivant sous l'enveloppe cutanée. Pourtant je sens que mes forces déclinent doucement et que, dès le matin, j'ai des affaiblissements de jambe qui m'obligent à m'asseoir assez vite avant de reprendre le cours normal du réveil. Pourrait-on chasser une bête pareille avec des poisons et des drogues?

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Une seconde de Cinéma - Expérience Plastique & Sonore de Siona Brotman

Date du document : 2010

Publié le 7 Juin 2011

On connait le travail pictural de Siona Brotman, présent ici sur les Liens.
Cette expérience réalisée avec des adolescents et des adultes consistait à peindre pour chacun une  grande toile (2m x 2m) en souvenir d’un film qui lui soit cher.
L’exposition de ces multiples toiles était accompagnée d’une bande-son montée et mixée par Siona Brotman à partir des bandes-son des différents films choisis.
Isabelle Revay
Une seconde de Cinéma
Une seconde de Cinéma
Une seconde de Cinéma
Une seconde de Cinéma
Une seconde de Cinéma
Une seconde de Cinéma
Une seconde de Cinéma

Trois Petits Tours et puis s’en vont… - Souvenir de la Petite Maison

Date du document : 13 Mai 2011

Publié le 14 Mai 2011

Turn turn turn c’est une chanson de The Byrds, groupe américain des années soixante, c’est un air qui tournait dans ma tête, c’est le titre de cette exposition. Turn turn turn c’est les paroles de l’Ecclésiaste. Turn turn turn ce pourrait être le titre de l’homme qui tombe, une image phonographique, une gravure rock’n’roll, Icare et le onze septembre avec ces slhouettes qui chutent le long des buildings en flammes. Turn turn turn c’est review, un présentoir à images, un piège à regard conçu plus pour agacer l’oeil que pour magnifier la troisième dimension, c’est le tour d’un monde en chute libre. Turn turn turn c’est Chutier, un croisement entre pellicule cinématographique et ruban tue-mouches, l’idée d’un film possible, un hommage à Gil Wolman, une pensée à Jean Luc Godard « qu’est ce que j’peux faire, j’sais pas quoi faire ». Turn turn turn c’est Aux étoiles, Le portrait ovale, un retour sur mes premières images,trace contre trace avec la photographie, des images amoureuses. Turn turn turn c’est dessins d’atelier (ma vie ouvrière), tombeau/jardinière aux dessins tracés pendant vingt-cinq ans de vie d’usine, Ne travaillez jamais écrivait sur un mur Guy Debord, et pourtant l’artiste ne parle que de travail, travaille tout le temps, c’est des moments détournés au travail quand la vie est ailleurs, juste masquée par le bruit des machines. Turn turn turn c’est tout ce temps passé à reproduire, tracer, graver, résister en somme à ce « désespoir de l’art et son essai désespéré pour créer l’impérissable avec des choses périssables , avec des mots, des sons, des pierres, des couleurs afin que l’espace mis en forme dure au delà des ages » ( J.L.G. Histoire(s) du cinéma). Turn turn turn c’est la fin de l’Artothèque, trois jours d’exposition, ma petite révolution de mai.
Vincent Compagny 2011.

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Trois Petits Tours et puis s’en vont…
Trois Petits Tours et puis s’en vont…
Trois Petits Tours et puis s’en vont…
Trois Petits Tours et puis s’en vont…
Trois Petits Tours et puis s’en vont…

Tombeau - Texte de Joël Roussiez

Date du document : 2010

Publié le 6 Avril 2011

Un tombelier ouvrait des tombes dont il tirait les dalles par des cordes liées à son tombereau, poussant, « han, han! » ses boeufs à l'aide d'un grand fouet tandis que les roues suivaient un sol accidenté qui forçait parfois le char sur lequel l'homme se maintenait en s'agrippant d'un bras aux ridelles, tantôt à droite, tantôt à gauche, et poussant, poussant toujours ses boeufs, « han et han! », dans un paysage mouvementé où la terre en mamelons s'étendait sous l'horizon comble de nuages échevelés et distords.

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