| Date | 2012 |
| Media | sculpture |
| Domaine | DAO |
| Cote | 1190-19-9 |
15’30’’
Notes :
En automne, dans un paysage sylvestre isolé, un cycliste enveloppé par cette nature, la
traverse, la gravie et redescend, on le suit jusqu'à le perdre.
C’est le partial et imparfait portrait d’un homme-à-vélo dont on ne sait pas où il va, ni d’où
il vient, comme continuellement entre un point A et un point B. Il pourrait être un natif de
Tlön ("Ficciones" de Borges), sans futur ni passé, juste continûment dans un présent. Nous
le prenons en cours de route, le suivrons, puis dans la descente nous le laisserons et lui
nous sèmera.
Ce film naît de THROBBING GRISTLE, de leur morceau « Discipline »* filmé au Kezar
pavillon à San Francisco, en 1981. Genesis Breyer P’Orridge envisagé comme un «demi-
sage» : sa dévotion pour le « I want discipline » qu’il use. Mon film est une libre
interprétation de ce moment, faisant de cette transe une tentative de sport à haut niveau.
Pour un cyclisme aux acharnés héros : Jewey Jacobs ("Le Surmâle" d’Alfred Jarry), le
Chronos (Maurice Roche) ou les échappées de « Sunday hell » (Jorgen Leth).
Amelie Derlon Cordina
Pour ceux que ce travail intéresse ou passionne, la première projection de Mange tes morts de Amélie Derlon Cordina (film vidéo le plus récent, et postérieur à Discipline), aura lieu dans le cadre de l’exposition collective :
To Hug a Snake
Exposition en résonance avec la 11ème Biennale de Lyon.
du 10 septembre au 15 octobre 2011
Vernissage vendredi 9 septembre à partir de 18h30
Subsistances, 8 bis quai St Vincent, 69001 LYON.
| Date | 2010 |
| Media | video |
| Domaine | DAO |
| Cote | 1119-17-9 |
Une barque se
dandine sur le lac tranquille, de petites vagues cognent sa coque solide qui
glisse contre le quai de bois et les roseaux. Son havre est étroit mais
agréable, la berge est douce, couverte d'herbe verte en pente légère jusqu'au
seuil d'une jolie chaumière de pierres. Des bouquets de roses surgissent dans
le feuillage épais et sombre des rosiers rustiques; on entend le chant d'une
flûte picolo et dans l'âtre brûle un bon feu; si la journée est belle,
resplendissante même, le matin reste froid car nous sommes au printemps. Le
printemps au bord du lac perd très lentement la fraîcheur de l'hiver mais
l'automne résiste et garde longtemps les chaleurs de l'été. « Quand
l'automne sera là, je ne serai plus là », une jeune fille le chantonne, sa
sœur joue de la flûte; allongée sur le lit, elle accompagne les paroles
joyeuses. Une soupe légère mijote, la mère repasse une ceinture de dentelle,
ensuite il faudra faire le chemisier, « ma fille se marie avec sa chemise
de lin ! », et puis « pom-pom-pom ! » rentre le tonton,
« j'apporte le jasmin et les fleurs d'oranger », « pose-les
ici » et voilà qu'il s'assoit. Oui, il prendra bien un bol de café, ça
fait une tirée du château jusqu'ici... La flûte joue doucement avec un peu de
précipitation, c'est la mélodie des amants qui dit: si tu me quittes alors je
meurs et si tu restes, je vais mourir sur l'heure...
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| Date | 2011 |
| Media | texte |
| Domaine | DAO |
| Cote | 1120-11-9 |
| Date | 2011 |
| Media | texte |
| Domaine | DAO |
| Cote | 1103-11-9 |
L'âme du visage
Nous passons
l'éponge, effaçons ainsi ce qui s'est passé, du moins on veut le croire car sur
nos visages se marquent imperceptiblement les émotions que nous vivons; sur ce
tableau des impressions s'inscrivent donc les choses que nous avons vécues, non
les choses matérielles mais en quelque sorte l'empreinte qu'elles laissent sur
nous; et encore faudrait-il dire que passant par notre système émotif, elles
lui donnent des impulsions qu'il transmet à notre peau ou grave, selon
l'expression de Jean. Ceci expliquerait le vieillissement de ces dernières qui
se rident tout doucement comme des parchemins... Pourquoi emprunter à
l'extérieur l'état de nos cœurs, peut-être parce que nous ne sommes sûrs de
rien, que nous ne souhaitons aussi rien exprimer de particulier, peut-être
parce que nous ne sommes qu'une caisse qui résonne aux impulsions; en bref,
nous déménageons ainsi sans cesse de nous-mêmes mais comme il est impossible de
quitter nos corps, nous restons en surface, suspendus en quelque sorte entre
deux lieux; c'est ainsi que la peau se fripe... L'explication des vieux était
toujours amusante et le jeune Louis aimait bien les faire parler. C'est d'eux
qu'il tenait ce qui semble avoir été un savoir profond « bien qu'au fond,
disait-il, ce ne sont que des anecdotes »... Toute vie est transposée de
sa caverne originelle vers un conteneur social, répétait le vieux Jean par
exemple et Louis écoutait cela qui avait des résonances en lui mais lesquelles,
on ne le sait pas. Pourquoi le vieux Jean portait-il le pantalon large des
marins, ce qu'il n'avait jamais été, parce que, disait-il, le ventre du navire
était sa patrie. « Je suis citoyen des pays de l'absence de gloire ,
je travaillais dans les soutes avec mes comparses mais ne va pas croire qu'on
se sent protégé à l'intérieur de ces murailles et de ces forts, suivant
l'expression qui désignait pour nous les machines et la salle de l'entreprise
pour laquelle je travaillais qui fabriquait en acier des véhicules automoteur;
ne va pas le croire ou t'imaginer qu'à l'heure du casse-croûte et dans
l'agitation de la journée, une tranquillité s'installait dans nos cœurs comme
celle du paysan qui travaille ses champs. Au contraire, Louis, il y avait dans
notre fébrilité quelque chose de trop agité, on le sentait sans pourtant
souhaiter suspendre l'activité de l'usine ou bien encore souhaiter partir de ce
poste qui nous fermait cependant au dehors et au reste des entrepôts... »
Le jeune Louis écoutait ces discours étranges qu'effaçaient les jours nouveaux
sur le tableau des événements qu'on tenait à jour à la maison des
informations.... C'était une bâtisse, dira-t-on, à trois volets de containers
sur une longueur de cent cinquante trois mètres; elle était conçue pour être
déplacée suivant les besoins, ainsi sa structure était faite de colonnes et
traverses en carton pour être légère. Louis, pour parler aux gens des archives
et des informations qui écoutaient avec plaisir ses enthousiasmes de jeune
homme, s'y rendait plutôt vers la fin de la journée quand le travail ralentit...
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| Date | 2011 |
| Media | texte |
| Domaine | DAO |
| Cote | 1085-11-9 |
Le barde chante ce qu'il peut
Nous placions
nos dieux dans les angles de nos pièces afin qu'ils ne dérangent pas et
veillent ainsi discrètement sur nos vies. On plaçait haut leurs figures afin
qu'elles dominent la pièce entière, cacher nos gestes à nos dieux n'avait guère
d'importance mais on souhaitait pouvoir se retourner sur eux et les apercevoir
à tout instant. Nous n'avions pas de rituel par lesquels nos vies auraient pris
les contours d'une routine douce et prévisible, nous n'attendions aucun retour du
temps, ainsi nous fallait-il une présence constante et cependant discrète...
Lors de nos voyages, on emportait leurs figures dans des boîtes dont une des
parois manquait afin qu'on puisse les voir plus facilement; certaines boîtes
avaient un petit système qui permettait à la figure de tourner et de présenter ainsi tantôt sa face, tantôt
son profil de manière analogue à celle qui paraissait à nos yeux dans les
angles de nos pièces... Nos maisons n'étaient pas grandes mais on y ménageait
de grandes ouvertures car il fallait que la nature y entrât le plus possible,
sans cela ce qu'on craignait le plus, c'était l'enfermement.
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| Date | 2011 |
| Media | texte |
| Domaine | DAO |
| Cote | 1084-11-9 |
Ô chauds soupirs! (Louise Labé)
J'entends à
l'intérieur une bête qui grogne et secoue mon cœur sur toute la longueur de ma
poitrine et je médite alors sur le temps court de ma vie. On peut être d'un
autre avis et me trouver un temps à vivre long mais il me semble que j'approche
de la fin et cette bête qui grogne bat le temps qu'il me reste. Elle ne grogne
en effet que par à-coup mais assez régulièrement comme si..., comme si quoi? Me
dis-je en me prenant les mains et secouant la tête, cela porte à méditer et
cependant méditer sur quoi, quoi donc dans mon cœur bat et qui ou quoi grogne
ou ronge sous les os du thorax? Qu'on me ronge les organes est une chose
curieuse car je ne sens que peu de douleur et il m'est donc difficile
d'imaginer un animal vivant sous l'enveloppe cutanée. Pourtant je sens que mes
forces déclinent doucement et que, dès le matin, j'ai des affaiblissements de
jambe qui m'obligent à m'asseoir assez vite avant de reprendre le cours normal
du réveil. Pourrait-on chasser une bête pareille avec des poisons et des
drogues?
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| Date | 2011 |
| Media | texte |
| Domaine | DAO |
| Cote | 1083-11-9 |
| Date | 2010 |
| Media | son |
| Domaine | DAO |
| Cote | 1046-16-9 |
| Date | 28 Mai 2011 |
| Media | photographie |
| Domaine | DAO |
| Cote | 1029-15-9 |
| Date | 1979 |
| Media | texte |
| Domaine | DAO |
| Cote | 1022-11-9 |