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Marie-Anne Parlôthes avant Cádiz - Les Escholiers Primaires. Ligne de Nycéphore. Terre

Date du document : 1978

Publié le 13 Juillet 2008

Ce texte fait partie de “Quartiers de ON !” paru en 2004 aux éditions Verticales

Les Enfermés (ils ne partiront pas !)
Nycéphore
J’ai rendez-vous avec Marie-Anne à trois heures à la Clinique. Je lui ai téléphoné hier à midi depuis le petit bureau de poste de Saint-Augustin alors qu’il allait fermer, et j’ai visiblement retardé l’enfilage de manteaux du couple de vieux qui doit être employé là depuis la fondation.
Ô Femme, voix profonde ou suraiguë, bombement de son sexe si finement perçu à chaque modulation vocale ! Théodosius ! Marie-Anne avait en effet comme “doublure” grasseyante son délicieux accent austro-hongrois, grave. “C’est elle-même. Viens chez moi à six heures.” “Si c’est possible, j’aimerais mieux qu’on se voie ailleurs ; je ne tiens pas tellement à voir ton père.” (Son père s’était opposé à son départ avec nous et toute la troupe de théâtre de Cádiz.) “Bon, et bien, retrouvons-nous à l’Hôpital de Jour ; c’est boulevard Wilson, près de la Radio ; j’ai eu une dépression nerveuse ; on peut se voir demain à 15h, si tu préfères.”
La dernière fois que j’avais rencontré Marie-Anne, c’était pour la fête chez Walter H. lors de la préparation de l’Opération Cádiz (entrecôtes et ceps en sous-sol), lors de la descente des flics ; elle était saoûle, et je ne sais plus qui l’avait embrassée ni comment elle était rentrée chez elle.
*
Je suis à l’Hôpital vers 15h 30. Là, d’autres pensionnaires aux yeux bouffis, comme ourlés, gonflés à l’hélium, gestes neuroptisés atrocement lents la cherchent sans la trouver. L’âme d’Elcé exaltée par le jeûne.
Elle n’y est plus, et pourtant, elle attendait avec impatience sur le pas de la porte vers trois heures moins le quart, selon ce que tous me disent, héroïsme qui emplissait les fenêtres d’une crainte indéfinissable.
On regarde au sous-sol, et de nouveau dans les étages, dans sa chambre.
Les Infirmières :
« Qui êtes-vous ? Vous êtes de la famille ? (L’une rougit violemment.)
— Elle doit être rue Maître-Jean, dans l’autre clinique ; elle devait rendre visite à un ami. »

Maurice à Buenos-Aires - Les Grands Ancêtres. Ligne de Don Qui. Été

Date du document : 1986

Publié le 12 Juillet 2008

Ce texte fait partie de “Quartiers de ON !” paru en 2004 aux éditions Verticales


Avant de mourir, Maurice a eu envie de se rincer l’œil (plus d’un siècle qu’il n’a pas pris de bain !). Il est venu en tant que globe-trotter, trotter chez l’Oncle à Buenos Aires, histoire de ne pas se refroidir en mourant et de mourir au chaud (il refuse d’être cryogénisé : rien que l’idée le refroidit !).

Stamp - Les Grands Ancêtres. Ligne de Don Qui. Terre. Guerre des Étoiles

Date du document : 1984

Publié le 12 Juillet 2008

Ce texte fait partie de “Quartiers de ON !” paru en 2004 aux éditions Verticales

Fondamental du défaut, il était, Stamp ! De la courbe du mérite par rapport à la courbe analogique, par rapport au son ; c’est-à-dire : il n’y a jamais de modulation ! Toujours l’un ou l’autre. Ça commence comme ça, comme un Roman Paresseux, une façon simple de se citer à la troisième personne, qu’il aime. Ensuite son enquête a progressé en fonction des fréquences…
(Les questions sont posées par une sorte d’inspecteur Dupin : « Est-ce que le 0 change à telle ou telle fréquence ? Est-ce que le 1 est impossible à telle hauteur ? », etc. Au fur à mesure, il annonce à qui veut chercher. En disant simplement : « Dépêchez-vous ! Il est en train d’agoniser ! » Ça part de là.)
Stamp a tout son appareillage de cryogénisation installé autour de lui depuis son encéphalite récente. Le docteur Pentoja a pour consigne de l’emballer et de l’expédier à Buenos Aires rejoindre la collection de Martó au premier bip de sa part.
Technique de reportage en des pays exotiques. Fondations de phrases ininterrompues, en suspension, passage d’une grille à une autre rapidement, sans que le sens soit vraiment délivré.
Monologue enregistré : (Ferré : “les bras des émigrants qui n’ont jamais de pain d’avance.”)
“Je n’avais “pas à pas” envie de boire ; me sens tout sale. Extérieur Mexique, et mousson. Pluie qui allait durer deux mois. Mais plutôt envie d’une tartine de fromage de brie (rot : “Heurrh !”), avant d’avoir fini le chapitre. Je branchai la télé ; il était déjà 22 heures ; je soulevai le combiné, j’attendis… qu’une de ces voix de femmes paraisse devant l’écran de télévision, baisse sa tête, et montre son crâne complètement décousu, plein de cicatrices de petite vérole, à angles droits. Un frisson me parcourut tout le long de son échine, et remonta comme une voie unique, au sexe. Elle raccrocha ; je posai le combiné, j’allumai une cigarette, je finis par trancher la mie en menus morceaux, j’éteignis le tube, et en me laissant tomber dans le sopha, je gardai le verre à la main. Là-dessus, je me levai et je m’en allai.
Personne ne m’attendait à la Gare. De l’intérieur, je me sentais plutôt bien. J’évitai tous les miroirs, où je me serais sans doute paru plus grand, et amaigri comme une fente de machine à sous, avec un sérieux coup de vieux, au pistolet. Même les cuivres des Chevrolet.
“Ça marche ?” m’aska quelque homme qui n’allait pas du tout dans la même direction que moi. Pas de réponse. “Le zinc… somme d’habitude… moi non plus.” Et la voix s’éteignit. Je venais d’apprendre qu’elle…
La personne marchait vite ; j’en ai bien vu trois ou quatre de ce genre dans la semaine.
Je quittai la Gare décentrée.

Docteur Marto & Frères - Les Grands Ancêtres. Ligne de Don Qui. Été. Buenos-Aires

Date du document : 1984

Publié le 8 Juillet 2008

Ce texte fait partie de “Quartiers de ON !” paru en 2004 aux éditions Verticales

Ici le morceau rythmique de la fin est représentatif de la façon dont la langue devient le portrait filmique lui-même de la disparue, mitraillage kaléidoscopique.
I. Revay

Ça y est : par deux trous dans le cercueil ils descendent le corps de la mère directement dans le congélateur. Le mari et son frère de 14 ans enfant de chœur sont arrivés par surprise la nuit à l’Hôpital ; ils ont atteint le corps dans la chambre froide, lui ont administré des piqûres d’antigel par voie intramusculaire, l’ont enlevé : une ambulance les attendait. Puis, dès la maison de la Plaza Constitución, ils ont mis l’épouse dans le cercueil avec de la neige carbonique et ensuite ils l’enveloppent dans du papier cellophane pour la mettre dans le congélateur. Ils font partie de la secte Orphiste.
Elle est passée des communs à la crypte, la grotte, la crupta, la crotte qui a été recreusée dans sa voûte pour pouvoir ouvrir le couvercle.
Le Docteur garde sa femme cryogénisée avec lui, parce qu’elle n’a pas voulu d’enfant, comme un espoir lointain, et, enfermé dans cette crypte, il passe son temps à se projeter sans cesse d’anciens films de sa vie en 9,5 mm noirs et blancs, au-dessus du bourdonnement du corps mort. Monica était la sœur de Monique, de la Folie-Méricourt, musicienne accomplie comme elle. Il est né en 48. En 84, il était persuadé que le monde allait se retourner, il pensait qu’on allait rentrer dans le Siècle d’Or et l’Ère d’Orphée, et pour rentrer dans ce Siècle d’Or, il lui fallait absolument cryogéniser son épouse et tous les êtres chers de sa famille.
Ensuite toutes les personnes mortes de la Tribu de Prosper et des Frères Naskonchass lui ont été fournies par les Docteurs Civière, Decaisse et Dufourgon sis place de La Monnaie, les plus mauvais de Bordeaux. Comme ils s’occupaient beaucoup de ceux-là, tous en sont morts assez rapidement. Quant au Docteur Pantoja, il se chargeait de l’export des corps.
À présent, au centre de la crypte, le gros congélateur est celui de Roméo et Juliette, puis vient celui des amants Colomb et Souley, de Bordeaux, et ensuite toute la liste des cadavres du Docteur ; ça fait un bruit d’Enfer !

Le Mouvement ! - Les Grands Ancêtres. Ligne de Don Qui. Automne

Date du document : 1984

Publié le 4 Juillet 2008

Ce texte fait partie de “Quartiers de ON !” paru en 2004 aux éditions Verticales.
Où il est encore question de la prosodie, d’Aragon autant que du Maimonides Hospital, mais surtout du “duende” des fuyeurs des Tribus diverses de la Cosmologie, des Incarnations et de la façon dont l’Inscription transforme les corps, de la théorie des veilleuses et de la formidable invention réclusive d’Aloysius Bertrand ou du peintre Luncarné.
I. Revay


Ne nous trompons pas : l’Oncle ne confondait pas l’emportement lourd, sans nuances, la célérité violente et massive du fascisme, avec la légèreté de ses chers “fuyeurs”. Il savait que la plupart des mouvements avaient lieu dans une vrille sur place, comme dans l’escalier d’ébène mauve d’Eliseo.
Disons de ce mouvement qu’il est simple, et qu’avec un vieux short ouvrier, un débardeur noir et des chaussures de fortune, en courant sur les plateaux aux ossatures crayeuses des Charentes, on peut y atteindre. Aux moments où tout paraît désespéré, dans la pire Guerre, le plus désastreux conflit, la course offrant un peu de sueur assez tôt, avant les tâches, et l’illumination revenait.
On avait de ces bonheurs simples du Dimanche, avec le coq ; des
bonheurs fermiers, des bonheurs contigus à la terre même ; rien de plus compliqué.
Le Mouvement tenait à cela : retrouver dans les premières lueurs
matinales toute l’archéologie de la Tribu, tout le mérite des Poussées Ouvrières.

Nicolas, toujours vers l’Est - Les Adolescents. Ligne de Nicolas. Été

Date du document : 2000

Publié le 1 Juillet 2008

Ce texte fait partie de “Quartiers de ON !” paru en 2004 aux éditions Verticales. Il y est question de Rimbaud, de Pasternak et Jivago, d’Apollinaire, de Hugo et d’Aragon, de “la plus banale romance” et de la transmigration prosodique. Puis encore de la verrité comme épaisseur du verre qui résiste à la vue, dont il est question ailleurs dans l'ouvrage.
I.Revay

À nous dans un multiple mouvement les grands pans de la pensée de l’irréel, les électrochocs de Fernande (que rappeleront si bien les spasmes de la petite chienne coker Pépita, gueule bavante dans les copeaux de bois), et ses faux bijoux du “Caillou du Rhône” ! Je suis devenu Sergueï Kaltoukine ! Ni plus ni moins “un personnage” (“Jean, laissez-moi arriver aussi !” germentent les cupidités, vous avez vu ? Valeurs poncives de l’écrit. Tout ça pour en placer d’autres, gros éléments, fournis en quiproquo.), le jour où j’ai découvert que la majorité de mes poèmes préférés, jusqu’au rythme octosyllabique de leurs franchises hivernales (auxquelles je tenais tant !), avaient déjà été écrits en mieux par Boris Pasternak.
Dans ce temps-là, Lola La Noire (grise sur la plage) fuyait la nuit dans les monts de Castille en chantant des idioties, folle, déliée :
“Qui pue tant du cu et
Perd ainsi son beau cerveau,
Son sage servage en cerceaux ?”
Je ne connaissais alors que l’art de la liste, et la compagnie de poètes russes alcooliques déambulant au petit jour, feulant de moins en moins jusqu’à la puissance fabuleuse sans objet peint, raclant le vers pour atteindre l’insignifiance sans cataplasmes ni connotations, plus ondulatoires que corpusculaires, la bouche embrassant avec angoisse forte la loi, la pressant de leurs bras sur les deux bords avec leur habitude cosaque de cavaliers de fer soumis à l’endurance, rapeux.

Don Qui à Buenos-Aires - Les Grands Ancêtres. Ligne de Don Qui. Été

Date du document : 1989

Publié le 28 Juin 2008

Ce texte fait partie de “Quartiers de ON !” paru en 2004 aux éditions Verticales

Nouvelles du Tío de Buenos Aires

Buenos Aires s’est appelée dans l’Antiquité Buenos Eros, car elle était la capitale d’un Eros primordial antérieur à toute division des sexes, Chaos et Genèse.
Domingo, frère d’Eliseo, réfugié à Buenos Aires (on vous dira l’Histoire de la Ville), est un Fou du Cinéma. C’est le mari exilé de la Tía, restée habiter rue du Port parce que c’est de là qu’il est parti et elle attend qu’il revienne par-là. Il était parti pour faire fortune ; il a fait fortune, il est resté. Il veut saisir la Vie entre ses mains. C’est un collectionneur, et en particulier des Inventions-Ancêtres du Cinéma : zootrope, praxinoscope, etc. Il n’a pas eu d’enfant et vit la plupart du temps dans l’Obscurité, surtout depuis qu’il est devenu aveugle, même s’il distingue un fond gris-doré, “là votre main, et même un peu de votre visage, de près…”
C’est l’Oncle des Dimanches Après-Midi. Il s’est dit qu’en se gardant, lui l’apôtre du Mouvement Généralisé, des influences de la Tribu, il conserverait la nécessité impérieuse de la Recherche des Dimanches Après-Midi, cette exigence dont participe également la Radiophonie d’une façon non négligeable. Non pas l’exigence dans son énoncé, mais dans sa matière, dans sa sensualité (idée qui imprègnera le projet “Aube-Matière” de Daniel) : parfums, extase, vibrations, type d’oppression, inclinaisons de la lumière, coïncidences d’Ouranos et de la Terre déployés.

Crise Mystique du Dépôt de Bus - Les Adolescents. Ligne de Nicolas. Été

Date du document : 1966 & 1971

Publié le 27 Juin 2008

Ce texte fait partie de “Quartiers de ON !” paru en 2004 aux éditions Verticales

Crise Mystique du Dépôt des Bus

Celui qui vient du Dépôt des Autobus passant sous des platanes et des tilleuls sur les Boulevards vers le cimetière, mais de l’autre côté sous les pins parasols de l’allée des Pins (il ne s’en souvient guère !) a vu “Irène soignant saint Sébastien” mais moins intéressant que les Commandements qui lui furent dictés.
C’est Nicolas Zemacks, toujours soigneux, pli et revers sur un pantalon de laine gris, fine silhouette issue de l’Est, brume et toux incessante de fumeur invétéré, suivi par une quantité d’insectes et d’animaux de toutes sortes, notamment les blattes.
Il dit : “Dieu, j’attends des jours le fade artifice des rosaces défleuries, des Rois de Gloire qu’on défenestre, et le Carnaval éprouvé, pour noter sur un terrain d’égalité les tombes aux teintes détestées jadis enfant.
Par une romance mécanique sotte aux pieds nus du joli village, j’appelle à boire le sang noir des victimes qui circule dans le rocher, les ombres confondues des Jeunes Filles dans la cire et des Anges demeurés.
Orphelin, j’ai grandi en perpétuant cette féérie !”
Il va.
Ce paquet de chair étroite comme un gnome rouge, choit.
Belles noctambules, arômes indiens, piments désunis.
Champ où le seul jeu est le croquet avec des maillets d’os et des boules de peau.
Chaque cri lance un écho vers une cible invisible.

Rbsprr - Histoire Deux. Visionnaires

Date du document : 1989

Publié le 26 Juin 2008

Ce texte fait partie de “Quartiers de ON !” paru en 2004 aux éditions Verticales

Rbsprr !
« Est-il déjà levé ?
— Est-ce qu’il a mangé des légumes ? » disaient les filles.
Arriver dans une ville inconnue en Montagne effarée de paquerettes sur des parterres d’herbe grasse et mouillée, découvrir l’âme soleilleuse de chacun à chaque fois dans la circulation effrénée des reflets, voilà quel était son réveil ébahi.
Aujourd’hui dix heures de sommeil comme un hérisson se déplie, éblouissement de rosiers sur jachère, fouillis de thym, orties, blancheurs éparses, éclatement violet, tandis que le menuisier se plaint auprès du voisinage d’avoir dû refaire les plâtres à cause des cahots des carrioles de condamnés qui ébranlent tout à partir du pavé, “Bon-Ami” accompagné par le chien Black conduit les filles herboriser à Issy, manger sur les prairies de Meudon ou flâner dans les allées les plus retirées et profondes des Champs-Élysées où l’on voit Médée qui traîne en robe de deuil auprès des petits pavillons. Déjà on n’allait plus à dos d’âne dîner dans l’herbe à Robinson.
Mais en dehors de cette journée exceptionnelle, en bon père de famille qui craint les femmes et l’argent, il préfère généralement à tous ces endroits le jardin paysagé de Duplay : ainsi on a le monde entier chez soi.
Nus sur le pré, les sans-culottes découvrirent qu’ils avaient des sentiments, je l’ai déjà dit (prenez des notes !). Rbsprr n’avait que de la vertu.
Que cherchait Rbsprr en remontant du regard cette chair blanche jusqu’à l’embouchure ? À discerner l’effet de contagion de la scarlatine sur les punaises ? Il était touché par ces yeux cernés sur ses joues rondes, ce nez à peine épaté, cette chevelure ébouriffée de fraîcheur, soulevée par le
printemps. Il ne cherchait certainement pas la version Or ; plutôt la version fragile de l’argent, sinon sa version orange de la simplicité.

BBADER-MARS - Xylographie 1, 60m x 1, 20m

Date du document : Juin 2008

Publié le 22 Juin 2008

BAADER-MARS
Cette gravure sur bois a été réalisée grâce au soutien de l’URDLA, gravée et tirée dans leur atelier de Villeurbanne les 10 et 11 juin 2008. Elle est éditée en 14 exemplaires dont moitié du tirage réservé à l'auteur. Elle est en vente auprès de l’URDLA.

La xylographie a pour double source historique l’impression des images religieuses et des cartes à jouer cosmologiques ancêtres du Tarot (peut-être d’origine gitane ?)
Ici en dehors de l’évocation du Pendu (renversé) autant que d’un mort couché sur un plancher et du cadavre d’Holger Meins, il est question de Mars. Le dieu de la Guerre et la Planète Rouge convenaient autant que l’Or du dernier Empereur Mao pour une future activité de la Fraction Armée Rouge, dont le suicide collectif de quatre membres en deux jours n’a jamais bien été interprêté : en effet le Boeing détourné par quatre terroristes palestiniens, qui erra en traçant des V au-dessus de Chypre en hommage à Pynchon, et effectua un dessin savant au-dessus de Dubaï et Bahreïn, avant de se poser sur l’aéroport de Mogadiscio, en Somalie, n’avait pour but que de signaler aux détenus de la Bande à Baader une opportunité climatique et astrologique de fuir sur Mars dans la nuit du 17 au 18 octobre 1977. Les trous de balles que se firent volontairement dans le dos Andreas Baader et Jean-Carl Raspe à l’aide d’un pistolet ne servaient que de “prises d’air” et le cable de haut-parleur avec lequel Gudrun Ensslin se pendit permettait de maintenir la communication avec les amis Martiens tout le long de la téléportation. Irmgard Möller malheureusement ne put les accompagner, malgré les nombreux coups de couteau dont elle s'était perforée, faute d’avoir su inverser la carte des trous à faire qu’on lui avait transmise en droite-gauche. La Foudre, Initiale de Zeus et lettre du Dyable divise ici les deux Frères dans le même corps.
Elle regrette sûrement depuis d’être restée vivante sur terre.
Par contre Ingrid Shubert réussit bien à son tour la téléportation le 12 novembre 1977.
On se souviendra de la photo de la mort d’Holger Meins en novembre 1974 parue dans Libération, et de ce corps devenu squelettique et difforme à force de grève de la faim : 42 kg pour 1,85 m, et de ce qu'il disait dans sa dernière lettre : “Un des côtés de Engels : transparent. […] Ce n'est plus une question de matière mais de politique.” C’était un des premiers à avoir été téléporté et à avoir compris la transcription par la lumière, ce qui était aussi une façon de retrouver le corps des déportés pour ceux qui combattaient les anciens nazis, ou la méthode Kepax pour oublier les insupportables blessures.
Gudrun Ensslin, fondatrice de la R.A.F. avait cet avantage d’être Lion ascendant Capricorne et Dragon de Métal en Astrologie Chinoise et de pouvoir ainsi guider le groupe dans sa fuite céleste.
BBADER-MARS
BBADER-MARS

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